Peyrat-le-Château : un projet d'antenne relais qui interroge

Peyrat-le-Château : un projet d'antenne relais qui interroge

Un matin de février 2020, les habitants du hameau de Champseau, à Peyrat-le-Château, découvrent un avis de travaux planté sur un terrain communal. Le document les informe qu’une antenne-relais de téléphonie mobile va être érigée à proximité de leurs habitations. La surprise est totale : personne ne les avait consultés ni même prévenus.

Les riverains ne remettent pas en cause le besoin de meilleure couverture reseau. Ici, en zone blanche, les portables captent a peine. Ce qui les ulcere, c’est la facon dont les choses se sont passees. “On nous a mis devant le fait accompli”, lache un habitant. Etre tenus a l’ecart d’une decision aussi proche de chez eux, voila ce qui les met en colere.

Un pylône de trente mètres en fond de vallée

Le hameau de Champseau se niche dans un creux de vallée. Le pylone, pour capter correctement, devrait culminer a une trentaine de metres, avec des armoires techniques plantees au sol. Or juste a cote se trouve la Ferme des Anes de Vassiviere, un lieu touristique ou des familles viennent chaque saison chercher le calme et la verdure. L’inquietude monte.

Les habitants craignent qu’un mat metallique de cette taille ne defigure le site. Comment concilier tourisme vert et antenne-relais geante ? La question depasse Champseau : dans ce coin du Limousin, le paysage reste l’un des rares atouts economiques.

Le principe de précaution invoqué

Le paysage n’est pas leur seule preoccupation. La sante aussi les tracasse. Pour eux, le principe de precaution devrait s’appliquer quand on parle d’ondes electromagnetiques a proximite des habitations et des elevages. Une petition circule d’ailleurs sur Change.org : “Stoppez l’installation d’un pylone de telephonie a Champseau”.

Ce que dit la science

Sur ce sujet, les positions des autorités sanitaires restent nuancées. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) reconnaît que le développement des technologies de radiofréquences suscite une méfiance compréhensible, en particulier lorsqu’il s’agit d’expositions subies, comme celles générées par les antennes-relais.

Son rapport de 2013 n’a pas mis en evidence d’effets sanitaires prouves chez les riverains d’antennes. En revanche, certaines etudes pointent un risque accru de tumeur cerebrale chez les gros utilisateurs de telephone portable. Le CIRC a d’ailleurs classe les radiofrequences comme “cancerogene possible” pour ce public-la. Malgre tout, l’Anses n’a pas juge utile de revoir les seuils d’exposition en vigueur.

L’OMS dit a peu pres la meme chose. A ce jour, aucune etude internationale n’a demontre que vivre pres d’une antenne-relais provoquait des problemes de sante.

Un débat qui dépasse Champseau

Ce qui se joue a Peyrat-le-Chateau, on le retrouve un peu partout dans la ruralite francaise : d’un cote, le besoin criant de connexion ; de l’autre, des paysages qu’on ne veut pas sacrifier et des gens qu’on n’a pas consultes. Même dilemme du côté de Vassivière, où tourisme vert et infrastructures doivent cohabiter. Le debat est loin d’etre tranche, et d’autres communes font face au meme dilemme.