Quinze ans déjà. En mars 1999, Monts et Barrages décrochait le label Pays d’art et d’histoire, une première en Limousin. Depuis, c’est plus de cinquante mille visiteurs, des centaines d’animations et une poignée de passionnés qui font vivre le patrimoine local. Le 5 mars, tout ce petit monde s’est retrouvé pour souffler les bougies et préparer la suite.
Le premier du Limousin, et pas le dernier
Quand les élus de Monts et Barrages ont candidaté au label en 1999, personne en Limousin n’avait encore tenté le coup. Le réseau national comptait déjà pas mal de membres, mais ici, c’était la grande inconnue. La présidente Sylvie Aymard s’en souvient bien : l’idée, dès le départ, c’était de transformer le patrimoine en outil de lien social. Pas juste un truc pour touristes, mais quelque chose qui donne aux habitants une fierté de leur propre territoire.
Et franchement, le pari est plutôt réussi. Cinquante mille visiteurs en quinze ans, dont un tiers de jeunes. Deux mille cent trente-neuf animations, quand même. Des visites guidées, des randos thématiques le dimanche, des conférences pour les adultes, des ateliers pour les gamins de six à douze ans pendant les vacances. Pas mal pour un territoire rural que certains auraient volontiers classé dans la catégorie « campagne endormie ».
Pas que des visites guidées
Le Pays d’art et d’histoire, ça ne se résume pas à un guide avec un parapluie devant une église. Trois expos itinérantes ont tourné sur le territoire en quinze ans. La dernière en date, « 14-18, Poussières de guerre », raconte la Grande Guerre vue d’ici, à partir de documents récupérés dans les greniers des familles. Des photos jaunies, des lettres du front, des objets du quotidien. Elle circule encore dans les communes jusqu’en 2018.
Côté bouquins, onze ouvrages sont sortis. La collection « Laissez-vous conter… » pour les grands, « Raconte-moi… » pour les petits. Guillaume Martin, l’animateur du patrimoine, a aussi bossé sur des études pointues, comme celle sur le vieux cimetière de Saint-Léonard-de-Noblat. Et puis des panneaux explicatifs ont été posés dans les collégiales d’Eymoutiers et de Saint-Léonard, ainsi qu’à l’église de Linards. Histoire que les visiteurs ne restent pas plantés devant un vitrail sans comprendre ce qu’ils regardent.
Et maintenant, la suite
Pour décrocher le renouvellement du label, Monts et Barrages met pas mal de projets sur la table. Un Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine, d’abord. Des animations pour les publics qu’on oublie souvent, les personnes handicapées, les personnes âgées qui ne se déplacent plus facilement. Jusqu’ici, la programmation visait surtout les visiteurs valides. Il était temps d’élargir.
Les thèmes aussi vont bouger. Au-delà du bâti rural et de l’architecture religieuse, on va creuser la mémoire collective, les patrimoines des XIXe, XXe et XXIe siècles. Parce que le patrimoine, ça ne s’arrête pas au Moyen Âge.
Sylvie Aymard résume ça avec une formule qui claque : « Se soucier de patrimoine, ce n’est pas gérer les vieilles pierres. C’est se tourner vers l’avenir. » Le message est clair. Ici, on ne fait pas de la conservation pour le plaisir. On cherche à relancer un territoire, à donner aux gens une raison de rester, de revenir, de s’impliquer.



