La Citoyenne Solaire cherche des toits pour produire de l'énergie

La Citoyenne Solaire cherche des toits pour produire de l'énergie

Vous avez un toit qui prend le soleil toute la journée et qui ne sert à rien ? La Citoyenne Solaire veut vous parler. Ce projet citoyen, porté par la communauté de communes Monts de Nexon - Pays de Châlus, a un objectif simple : couvrir les toitures du coin de panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité locale. Pas un truc imposé par un grand groupe depuis Paris. Un projet d’ici, financé par les gens d’ici.

Le principe : vous prêtez votre toit, tout le monde y gagne

Concrètement, ça marche comme une coopérative. Les habitants, les entreprises, les collectivités achètent des parts sociales. Avec cet argent, on installe des panneaux sur les toits volontaires - hangars agricoles, gymnases, maisons de particuliers. L’électricité produite est revendue, et les coopérateurs touchent leur part. Pas de mystère, pas d’embrouille : chacun peut suivre la production en temps réel.

L’idée est née d’un constat assez évident quand on y pense. Dans le coin, des mètres carrés de toiture, y’en a des kilomètres. Des hangars à foin qui prennent le cagnard dix heures par jour, des corps de ferme orientés plein sud… Tout ce potentiel dormait. La Citoyenne Solaire veut le réveiller.

Delautrette pousse le projet à fond

Stéphane Delautrette, le président de la communauté de communes, ne fait pas semblant sur le sujet. Son argument ? La transition énergétique à la campagne, ça ne marchera jamais si on balance des parcs solaires industriels sans demander l’avis de personne. Les gens se braquent, et on les comprend. Mais quand c’est le voisin qui investit, que les panneaux sont sur le toit du gymnase où jouent les gamins, là ça change tout.

La communauté de communes file un coup de main logistique : elle met en contact les propriétaires de toits avec les techniciens qui vérifient si l’installation est faisable. Parce que non, tous les toits ne conviennent pas. Faut la bonne orientation, la bonne inclinaison, une charpente solide et pas d’ombre. Un arbre mal placé peut ruiner le rendement.

Le plus dur : convaincre les propriétaires

Parce que prêter son toit pour vingt ans - c’est la durée du contrat -, ça fait réfléchir. Y’a les travaux de pose, la peur que ça abîme la couverture, et puis cette méfiance très française envers tout ce qui est nouveau. Du coup, l’équipe du projet multiplie les réunions publiques, les permanences en mairie, les articles dans le journal local.

Et ça commence à porter ses fruits. Plusieurs agriculteurs ont dit banco, ravis de valoriser des toitures de hangars qui ne servaient strictement à rien. Des particuliers aussi se sont manifestés, attirés par l’idée de participer à la transition énergétique sans sortir un centime de leur poche pour l’installation.

Un modèle qui fait des petits

La Citoyenne Solaire n’est pas un cas isolé. En Nouvelle-Aquitaine, pas mal de projets similaires ont germé ces dernières années. Les campagnes françaises découvrent qu’elles peuvent produire leur propre énergie, collectivement, sans attendre que les géants du secteur daignent s’intéresser à elles.

L’objectif du territoire - énergie positive en 2050 - paraît encore lointain, c’est vrai. Mais chaque toit équipé rapproche un peu la promesse. Et au passage, ça crée du lien entre voisins qui ne se parlaient plus depuis des années. Pas mal, pour des panneaux solaires.