La Geneytouse, ses agneaux, ses gîtes... son auditorium !

La Geneytouse, ses agneaux, ses gîtes... son auditorium !

Pour arriver a la Maison du Berger, il faut d’abord traverser les pres et passer devant les enclos ou broutent les agneaux limousins. Nous sommes a La Geneytouse, 800 habitants, en plein coeur de la Haute-Vienne. C’est la que Marie-France et Etienne Dumont-Saint-Priest ont construit un auditorium dont tout le monde salue l’acoustique. L’histoire de ce lieu tient a la fois d’une catastrophe et d’une passion.

Des cèdres de la tempête à la salle de concert

En decembre 1999, la tempete couche les cedres centenaires du domaine. Au lieu de tout debiter en bois de chauffage, le couple a une idee que personne n’attendait : construire un lieu culturel avec ce bois-la, ici, au milieu des champs. Ca parait fou, mais Etienne Dumont-Saint-Priest n’est pas un eleveur comme les autres. Avant de se consacrer à ses bêtes, il a été l’élève du guitariste Alexandre Lagoya. Le développement de la culture en territoire rural est devenu son combat quotidien.

Depuis plus de dix ans, l’association “Plan de culture” anime cette salle pas comme les autres. Quinze rendez-vous par an, des spectateurs qui viennent parfois de loin. On y croise des musiciens, des comediens, des danseurs, certains en residence de creation. Et ce qui plait, au fond, c’est autant la programmation que l’ambiance : simple, chaleureuse, sans chichi.

Deux jeunes pianistes et un maître des lieux généreux

Le dimanche 4 novembre 2012, la Maison du Berger accueillait un programme à quatre mains porté par deux jeunes pianistes de talent, Ismaël Margain et Clément Lefebvre. Avant le concert, Étienne Dumont-Saint-Priest accueille lui-même les spectateurs, les place parmi la centaine de sièges disponibles, puis présente les artistes. Ceux-ci étaient venus pour trois jours de récital. “Je n’aime pas vraiment le mot festival pour qualifier trois jours de piano”, confiait-il. “Pourquoi faudrait-il une justification pour présenter du piano pendant trois jours, à part le plaisir ?”

C’est José Carlosema-Cabanes, professeur de piano à Guéret, qui a introduit les deux musiciens à La Geneytouse, comme elle l’a souvent fait avec ses élèves. Elle suit Ismaël Margain depuis ses neuf ans et jusqu’à son entrée au Conservatoire de Paris. Elle témoigne avec émotion de ses qualités exceptionnelles. “J’ai toujours senti qu’Ismaël irait loin. Il a une intelligence particulière, un très grand sens musical. Il suffit de le voir improviser pour s’en rendre compte.”

Un talent déjà reconnu

Le public ne s’y est pas trompé et s’est déplacé en nombre. Lauréat de la bourse du festival du Clos Vougeot, Ismaël Margain s’est produit en 2012 avec les solistes du Metropolitan Opera de New York. Il a signé la même année une convention de résidence artistique avec la Fondation Singer-Polignac, où il venait d’enregistrer un disque consacré à Schubert.

Pour clore la saison, Étienne Dumont-Saint-Priest annonçait une “schubertiade” le 25 novembre. “Tout le monde sait ce qu’est une schubertiade ?”, lançait-il au public avant de répondre avec malice : “C’est écouter du Schubert en buvant de la bière !” La Camerata Vocale de Brive devait venir clôturer l’année musicale à La Geneytouse.

La culture n’a pas fini de pousser ici

La musique n’est pas seule à avoir droit de cité entre ces murs de cèdre. Les “Banturles” devaient revenir début 2013 pour créer en résidence leur nouveau spectacle, “Le guide du broutard”, programmé le 12 janvier. La preuve que dans ce coin du Limousin, l’élevage des agneaux et celui des talents artistiques font plutôt bon ménage.

La Maison du Berger se trouve au 87400 La Geneytouse.