Le festival musical de Saint-Yrieix-la-Perche

Le festival musical de Saint-Yrieix-la-Perche

Un rendez-vous musical ancré dans le territoire

Saint-Yrieix-la-Perche, dans le sud de la Haute-Vienne, n’est pas le premier endroit auquel on pense quand on parle de festivals de musique. Et pourtant. Depuis plusieurs années, Philippe Dubeau et François Ferraud y ont implanté un rendez-vous musical qui fait désormais partie du paysage culturel limousin.

Philippe Dubeau est aussi maire de Pageas, une commune voisine de Chalus. François Ferraud, lui, est un ancien du lycée Darnet. Les deux hommes partagent une même idée, assez simple au fond : on n’a pas besoin de Paris ou de Bordeaux pour faire de la bonne musique. Leur festival le prouve chaque année.

La musique classique au coeur du Limousin

Des festivals en milieu rural, il en existe pas mal en France. Celui de Saint-Yrieix a cette particularité qu’on y vient autant pour la musique que pour l’ambiance. Pas de jauge à 5 000 places, pas de sponsors tapageurs. Ici, on écoute un quatuor dans une église romane, assis sur un banc en bois, et le violoncelliste est à trois mètres de vous.

Les concerts se tiennent dans des églises, des salles communales, des bâtiments patrimoniaux. L’acoustique y est souvent remarquable – ces vieilles pierres ont du bon. Le public, c’est un mélange de gens du coin et de mélomanes qui font parfois une heure de route. La programmation est soignée : du grand répertoire, mais aussi des oeuvres qu’on entend rarement ailleurs.

Un pari culturel et économique

Monter un festival dans une ville de moins de 10 000 habitants, c’est se battre sur tous les fronts à la fois. Il faut aller chercher les subventions, convaincre un par un les élus, recruter des bénévoles, remplir les salles. Dubeau et Ferraud s’y sont attelés avec une persévérance qui mérite d’être saluée.

Et puis il y a les retombées concrètes. Quand le festival bat son plein, les restaurants affichent complet, les chambres d’hôtes ne désemplissent pas, les commerces voient passer du monde. Ce n’est pas que de la billetterie : c’est tout un bassin de vie qui profite de l’événement. Les terrasses sont pleines, les gens restent dormir, et la ville gagne en notoriété.

Saint-Yrieix, ville de culture

La cité du kaolin – c’est son surnom historique – n’a pas attendu le festival pour cultiver une identité forte. Patrimoine bâti remarquable, associations dynamiques, manifestations culturelles tout au long de l’année : le terrain était fertile. Le festival de musique est venu ajouter une couche supplémentaire à ce tissu déjà riche.

Pour Dubeau et Ferraud, l’ambition va au-delà de la programmation. Ils veulent prouver qu’un bourg rural peut être un lieu de création et de diffusion culturelle, pas juste un décor de carte postale. Et chaque édition leur donne un peu plus raison.

Un événement à découvrir

Si vous ne connaissez pas encore le festival de Saint-Yrieix-la-Perche, c’est peut-être le moment de noter la date. La programmation vaut le détour, les fondateurs y mettent leurs tripes, et les lieux ont un charme que les grandes salles climatisées ne remplaceront jamais. Bref, une bonne raison de pousser jusqu’en Haute-Vienne.