Depuis 2011, le Limousin a pris le virage du géocaching. Sous l’impulsion du Comité régional du tourisme, l’opération Terra Aventura transforme cette chasse au trésor par GPS en véritable levier de développement touristique. Pour la saison 2012, le nombre de circuits a doublé : soixante parcours quadrillent désormais le territoire. Et les adeptes de cette pratique ne cessent de se multiplier.
Le GPS au service de la découverte
Le géocaching repose sur un principe simple : retrouver des caches dissimulées à travers le territoire grâce à leurs coordonnées GPS. Né en 2000, le concept a engendré des communautés mondiales de joueurs qui créent et recherchent ces petits contenants étanches. Chaque géocacheur qui découvre une cache signe le registre et y dépose un objet, trace de son passage. “Ça fonctionne comme un réseau social. Des milliers de personnes à travers le monde cachent ici et là, et se stimulent dans le jeu”, explique Sophie Marnier, coordinatrice de l’opération au sein du CRT. On recense plus d’un million de caches dans le monde.
L’originalité du Limousin tient dans l’approche adoptée : faire de cette pratique communautaire un outil de promotion touristique. Une première en France à l’époque du lancement. L’opération s’appuie sur un univers ludique créé par la société Proximit, prestataire du CRT. Les participants partent à la recherche des Poiz, de petits personnages “monopodes” dotés chacun d’une personnalité propre : Zefaim, le gourmand féru de gastronomie locale, Zabeth la passionnée d’histoire, Zabdo le sportif, ou encore Zouti le bricoleur.
Un dispositif qui se structure
Muni d’une feuille de route téléchargeable sur le site Terra Aventura, le géocacheur suit un parcours ponctué d’étapes repérées par leurs coordonnées GPS. Chaque étape propose une énigme. Les solutions, mises bout à bout, forment les coordonnées de la cache finale. Le joueur note le mot mystère pour participer au concours organisé en parallèle, récupère son Poiz et entretient le trésor en y laissant un objet.
Pour la deuxième saison, de nouveaux personnages ont rejoint la troupe. Parmi eux, Zecolo, un badge attribué à ceux qui ramassent les déchets sur le parcours et en apportent la preuve. Des “bad Poiz”, petits méchants à capturer, pimentent également l’expérience. Le tout est relayé par les offices de tourisme locaux, qui suggèrent les circuits. “Ils connaissent les endroits insolites, les sites remarquables, avec un intérêt paysager ou historique”, souligne Sophie Marnier. La première saison a attiré 10 000 participants, dont beaucoup de familles découvrant le concept.
À Eymoutiers, la chasse à Zart
Forte du succès de son premier parcours consacré à “l’histoire des Pelauds”, la cité d’Eymoutiers s’est dotée d’un second circuit pour la saison 2012. Celui-ci propose de partir à la recherche de Zart, le Poiz féru d’arts plastiques. “L’art contemporain était une évidence puisqu’il y a vraiment moyen de valoriser les œuvres présentes dans la ville”, explique Patricia Mingotaud, de l’office de tourisme. De la mosaïque de Jean Fraisseix en hommage à Nicolas de Staël aux installations de land-art, la ville offre de multiples visions d’artistes contemporains en extérieur. Même esprit à Rochechouart, où le château abrite un musée d’art contemporain unique en son genre.
Le parcours “Zabeth” avait déjà permis à Eymoutiers de se classer quatrième aventure la plus suivie sur les trente-deux de la région, avec 132 Poiz récupérés dans la cache. Dès le premier jour d’ouverture du nouveau circuit, le 1er juin, des participants laissaient déjà des commentaires en ligne. L’équipe de l’office a dû réapprovisionner la cache en une trentaine de Poiz dès les premiers jours.
Le domaine du Buchou, ensemble de gîtes géré par la Ligue de l’Enseignement, participe désormais pleinement à l’opération. L’une des étapes du parcours, la pierre tournante de Louis-Romain Bard, se trouve sur son site. Un gîte estampillé Terra Aventura a été créé, avec une décoration spéciale et la location du GPS offerte.
Saint-Junien entre dans la danse
À Saint-Junien, l’office de tourisme a proposé un circuit le long de la vallée de la Glane. “Ce sont des endroits qui ne sont pas forcément connus, même des Saint-Juniauds”, confie Amel, de l’office. Le succès a été immédiat : dès le premier jour, des commentaires sont apparus sur le site. Certains mordus pratiquent même la nuit.
Le géocaching version Terra Aventura n’a pas la prétention de concurrencer les puristes de la discipline. “C’est plus ludique et ça s’adresse à un public familial”, reconnaît Patricia Mingotaud. “Pour nous, c’est l’occasion de faire découvrir des lieux où les non-initiés n’auraient pas l’idée d’aller.” À en croire les commentaires enthousiastes laissés en ligne, la formule a trouvé son public.



