Quand le Covid-19 a frappé au printemps 2020, les soignants ont dû tout réinventer du jour au lendemain. Très vite, des entreprises du numérique en Nouvelle-Aquitaine ont proposé leur aide, bénévolement. Sur les vingt-six sociétés qui ont ouvert gratuitement leurs outils, trois venaient de Haute-Vienne. Retour sur ces initiatives locales qui ont illustré la solidarité du tissu économique limousin envers le monde médical.
Une mobilisation régionale sans précédent
À l’initiative de la Région Nouvelle-Aquitaine, plusieurs acteurs du numérique ont uni leurs forces au printemps 2020 : la French Tech Bordeaux, Digital Aquitaine avec son réseau TIC-Santé, le SPN (réseau des Professionnels du Numérique en Poitou-Charentes), ALIPTIC (cluster de la filière numérique du Limousin) et Aquinetic, cluster du logiciel libre. Leur but commun ? Mettre la tech au service des blouses blanches.
Il faut dire que la Région avait deja pose des jalons avec sa feuille de route sante 2018-2021, en misant sur la recherche et la telemedecine. Le virus n’a fait qu’accelerer un mouvement deja en marche : du jour au lendemain, la tele-expertise et le suivi a distance sont passes du statut d’option a celui de necessite absolue.
Résultat : vingt-six boîtes néo-aquitaines ont mis la main à la pâte, couvrant neuf champs d’action - de la télémédecine à la cybersécurité, en passant par la coordination logistique des soignants, l’accompagnement des personnes fragiles ou encore la silver économie.
Optim’Care à Isle : la télésurveillance pour les patients fragiles
Installée à Isle, la société Optim’Care développe une plateforme de télésurveillance sur mesure destinée aux patients transplantés et aux équipes médicales qui assurent leur suivi. En ouvrant gratuitement l’accès à sa solution, l’entreprise a permis aux patients chroniques, déjà fragilisés par leur pathologie, d’éviter les déplacements dans les centres hospitaliers alors que les risques de contamination étaient au plus haut.
Optim’Care a également proposé de mobiliser des bénévoles au sein de son réseau pour contacter directement les patients et initier la télésurveillance à la place des médecins, soulageant ainsi des équipes déjà soumises à une pression considérable.
Sanilea à Limoges : la logistique du transport sanitaire
Leader dans l’organisation des transports sanitaires, Sanilea a joué un rôle clé en donnant un accès gratuit à sa plateforme SpeedCall à l’ensemble des établissements de santé. Cette solution permettait la mise en relation avec une communauté de 2 400 sociétés de transports sanitaires répartis sur tout le territoire national, au service des hôpitaux, cliniques, médecins, Ehpad et SMUR.
Pour faciliter l’accès à ce dispositif, l’entreprise limougeaude avait mis en place un numéro d’appel gratuit destiné aux professionnels de santé, ainsi qu’une adresse mail dédiée au soutien dans le contexte du coronavirus.
ID1 à Limoges : protéger les plus vulnérables
Troisième acteur haut-viennois engagé dans cette mobilisation, ID1 propose un dossier médical portable que le patient garde sur lui en permanence. Quand une urgence survient, le médecin ou le pompier qui intervient peut consulter d’un coup d’oeil l’historique médical complet du patient - allergies, traitements en cours, antécédents.
Pendant la crise, ID1 a décidé d’ouvrir son service sans frais aux publics les plus exposés : personnes âgées isolées, malades chroniques, patients à risque. Des cartes et des autocollants ID1 pouvaient être commandés sans frais sur le site de la société.
Un modèle de solidarité économique locale
Ces trois exemples haut-viennois témoignent de la capacité du tissu entrepreneurial local à réagir face à l’urgence sanitaire. Mais ces coups de main gratuits ont aussi révélé autre chose : le Limousin possède un vrai vivier de compétences en e-santé. Les investissements de la Région dans le numérique médical n’étaient pas vains. Et quand la télémédecine est devenue la norme en France, ces trois entreprises haut-viennoises avaient déjà plusieurs longueurs d’avance.



