Vacances en Occitanie au château de Saint-Auvent

Publié le 30 juillet 2014 | Une

exposition saint-auvent

Jacques Lavergne a installé « les barbichets » dans une salle du château. Il y « regarde l’avenir à travers le passé » et transforme des dentelles et broderies « vouées au musée » en écran de notre vie actuelle sur lequel s’affichent des visages d’enfants.

Chaque année depuis 1996, Annick et Pierre Debien proposent de découvrir les liens entre la culture d’un pays et son art contemporain. Cet été, c’est l’Occitanie dont on explore les créations et la modernité au château en partenariat avec la « Maison de Pais » de Saint-Auvent.

« On cherche toujours à voir quels sont les détails de la culture du pays choisi que l’on retrouve dans les créations des artistes présentés », explique Annick Debien, « on a vu ça avec la Nouvelle-Zélande, l’Amérique du Sud, la Russie, l’Asie… Cette année on a décidé que la langue étrangère serait l’occitan. Certains verront ça comme une contradiction, c’est un grand écart entre une culture que l’on veut voir comme passée, traditionnelle, et toute la modernité de l’art contemporain qui a toujours des choses à dire. On a, en premier lieu, rencontré Jean-Marc Siméonin qui place la langue occitane au centre de son travail. Mais avec cette langue, il y en a beaucoup d’autres dont Ben (le Niçois Benjamin Vautier) qu’il nous fallait absolument et qui a accepté tout de suite de nous confier trois toiles. Ce n’est pas une exposition clef en main et jusqu’au dernier moment on s’est demandé si on allait y arriver à temps ! »

Il faut dire que la réunion de ces 28 artistes, si elle semble évidente autour d’un tel thème une fois présentée au château, donne un résultat éclectique qui permet au visiteur de se faire une idée de ce que pouvait être la « Mostra del Larzac » de Félix Castan dans les années 70. L’expression d’un art militant pour une culture ancrée dans la tradition sans être nationaliste ni régionaliste. « C’est un mouvement qui a donné l’école de Nice, la figuration libre, tout un pan de l’histoire de l’art qui s’est ouvert à nous ! »

Même s’il était incontournable que Jan dau Melhau figure au catalogue de cette exposition présentée jusqu’au 24 août à Saint-Auvent, « nous avions envie de montrer que la culture occitane n’est pas que celle du chant et du conte que l’on aime à caricaturer trop souvent et considérer comme une expression désuète réservée aux spectacles de rues ». « C’est aussi, et surtout, regarder l’avenir à travers le passé » ajoute Jean-Claude Ducourtieux de la Maison de Pais. « Il y a une provocation dans notre choix », admet Annick Debien, « à la fois envers ceux qui se veulent détenteur de l’art contemporain et envers ceux qui enferment la culture occitane dans un passé révolu ».

Au hasard des salles, on peut donc croiser les œuvres créées pour l’occasion par Rosemonde Dargentolle dont les dentelles évoquent les femmes à travers différentes cultures mais aussi les explosions colorées d’Ulysse Raimbault ou les étalages du musée imaginaire de Luc Aussibal qui donne à voir des ombres du passé.

Le visiteur, accueilli par les personnages en feuilles d’Éric Badaud devant le château, pourra aussi bien s’émouvoir devant les personnages décharnés et fantomatiques des sculptures de Marc Petit que s’amuser des étranges créatures de Mélie Cauhapé… un programme chargé pour ce voyage en Occitanie sans bouger de Saint-Auvent !

 

Deux rendez-vous sont proposés autour de l’exposition au mois d’août. Le dimanche 10 à 18 h, le trio Erms démontrera la contemporanéité de l’occitan avec un concert qui associera Bernat Combi, meilleur (si ce n’est le seul) représentant du « rockcittan limousin » à l’accordéoniste improvisateur Philippe Surrouille et au guitariste de blues Jacky Patpatian. Un concert qui risque de faire voler en éclat les préjugés sur la langue d’Oc. Le dimanche 17 août à 17 h, le 14e successeur de Frédéric Mistral à la tête du Félibrige, Jacques Mouttet, viendra présenter l’action de celui-ci.

 

« Regard sur l’art contemporain occitan » au château de Saint-Auvent. Jusqu’au 24 août. site du château de Saint Auvent site de la maison de pais.