Une maison de santé bicéphale en Monts et Barrages

Publié le 15 juillet 2015 | Une

Daniel Perducat, Élisabeth Piry, Nathalie Valleix, Jean-Pierre Faye, Philippe Calmette et Thierry Muzette..

Daniel Perducat, Élisabeth Piry, Nathalie Valleix, Jean-Pierre Faye, Philippe Calmette et Thierry Muzette..

Le projet de la « Maison de santé pluridisciplinaire des Portes de Vassivière » a enfin été concrétisé, le mercredi 8 juillet devant une assistance d’élus et de voisins venue nombreuse. 

Tout d’abord, la traditionnelle coupure de ruban a eu lieu en présence de Philippe Calmette, directeur de l’ARS (agence régionale de santé), de Nathalie Valleix, sous-préfet de la Haute-Vienne, Jean-Pierre Faye, président de la communauté de communes des Portes de Vassivières, Thierry Muzette, suppléant de Thierry Lafarge, conseiller départemental, de Monique Lenoble en tant que membre de la communauté chargée des finances et du docteur Elisabeth Piry-Sioux, présidente de l’association de la maison de santé.

Dans un bref discours, Jean-Pierre Faye a expliqué qu’étant donné que les deux antennes médicales allaient être inaugurées ce même jour, les discours officiels auraient lieu dans le deuxième site. Une visite des lieux a donc été organisée afin que chacun puisse constater les travaux accomplis : les espaces de consultations ont été rendus plus fonctionnels. Ainsi, les patriciens qui étaient déjà présents sur la structure – deux médecins, un psychologue, un podologue, une diététicienne et trois kinésithérapeutes, dont deux à mi-temps – peuvent travailler dans des conditions nettement améliorées. Le groupe médical préexistait à la création de la Maison médicale sur la commune car depuis plusieurs années, « un besoin de travail en commun avait déjà été ressenti » a expliqué Jean-Paul Levantoux, ancien président de l’association de la maison médicale qui a supervisé la réalisation des travaux.

Dans sa politique de prise en charge de la santé, l’agence régionale de santé promeut la création de maisons médicales mais comme l’explique Philippe Calmette, « en règle générale, l’ARS ne propose pas un projet déjà tout défini. D’autant plus qu’ici, cette idée de travailler en commun existait déjà. Nous nous sommes donc limités qu’à un soutien pour la rédaction du projet pluridisciplinaire. » L’espace réservé aux kinésithérapeutes a aussi été repensé et réaménagé : des salles sont réservées à un travail de proprioception ou de musculation qui peut être pratiqué en commun alors que d’autres sont dédiés à un travail plus individuel, de massage, par exemple.

Antenne de Peyrat : la Creuse n’est qu’à cinq kilomètres !

Après cette visite pelaude, tous se sont rendus sur la deuxième antenne de cette maison de santé pluridisciplinaire, sur la place du champ de foire à Peyrat-le-Château. Là, un cabinet d’infirmières a été aménagé dans lequel des consultations peuvent être réalisées. Un cabinet médical y est aussi installé bien que pour l’instant il n’y ait pas de médecin attaché au lieu. Certains professionnels de la maison d’Eymoutiers y viendront le temps que d’autres s’y installent. D’autant que des habitants du département voisin pourraient en bénéficier a ajouté Jean-Pierre Faye : « la Creuse n’est qu’à cinq kilomètres ! »

Dans les allocutions qui ont suivi, Nathalie Valleix a souligné l’importance qu’apporte l’état à l’aide aux territoires ruraux comme l’attestent les sommes allouées à ces deux chantiers : 218 722 euros à travers deux programmes différents. Le directeur de l’ARS, quant à lui, a réexpliqué que « ces maisons de santé pluridisciplinaires permettraient aux praticiens qui y travaillent de se transmettre beaucoup plus facilement les informations entre eux et ainsi d’agir de manière plus coordonnée pour le bien-être du patient. » La région Limousin est une des régions les mieux loties en terme de maillage territorial en ce qui concerne les maisons de santé. D’après Philippe Calmette de l’ARS, elles sont au nombre de dix-sept dans la région et plusieurs autres sont aussi en projet. « L’égalité des soins où que l’on soit un véritable enjeu de santé publique » a – t – il ajouté. Jean-Pierre Faye, actuel président de la communauté de communes des Portes de Vassivières, a terminé la cérémonie en remerciant au moins deux personnes qui ont collaboré pour que ce projet voie le jour : Daniel Percudat en tant que président de la communauté qui a fortement œuvré pour que cette maison de santé s’implante dans les communes de Peyrat et d’Eymoutiers, et Jean-Paul Levantoux, médecin qui a élaboré le projet plus sur un plan médical.

Ce projet a été très long et très compliqué à être mis en place comme l’explique Jean-Paul Levantoux : « il a fallu au moins six ans de travail pour tout coordonner. Dès que nous avons dressé le constat qu’il commençait à être urgent d’agir pour ne pas voir la désertification médicale trop s’aggraver et laisser des pans entiers de la population sans médecin, nous avons tiré la sonnette d’alarme. » Il a été entendu par Daniel Perducat alors président de la communauté. Ce dernier a porté ce projet auprès de différents financeurs mais comme les intervenants ont changé, « ce qui n’a pas facilité l’avancement des dossiers. » C’est le cas par exemple du Pays « Monts et Barrages » qui a participé, en 2009, à une étude sur la faisabilité d’une telle création. Mais les compétences auxquelles il doit répondre ont été modifiées depuis. Jean-Pierre Faye a aussi remercié les artisans qui sont intervenus sur Peyrat car « ils ont dû travailler très vite pour répondre à notre demande. » Tous espèrent qu’avec ces locaux qui ont été ainsi aménagés de jeunes praticiens vont s’installer.

Le coût

Pour les deux antennes, le cabinet Déloménie d’Isle, près de Limoges, a été retenu pour accomplir la maîtrise d’ouvrage. Pour les travaux à proprement parler, ce sont essentiellement des entreprises de la région qui sont intervenues.

Voici les budgets qui ont été nécessaires :

Pour Eymoutiers

Montant total de l’opération : 537 658 euros HT (645 091 euros TTC).

Financements : conseil régional (programme feader) : 144 073 euros ; État (programme fnadt) : 72 724 euros ; État (programme detr) : 105 698 euros ; communauté de communes : 215 063 euros.

Pour Peyrat-le-Château

Montant total de l’opération : 11 441 euros HT (145 702 euros TTC).

Financements : conseil régional (programme feader) : 32 564 euros ; État (programme fnadt) : 16 426 euros ; État (programme detr) 23 874 euros ; communauté de communes : 48 577 euros.