Un sanctuaire pour les éléphants bientôt à Bussière-Galant

Publié le 16 novembre 2017 | Une

Sofie et Tony comptent accueillir jusqu’à 9 éléphants sur les 29 hectares qu’ils aménagent à Bussière-Galant.

C’est le projet fou sur lequel travaillent Sofie et Tony au coeur du Limousin depuis trois ans…

Si les éléphants ont longtemps été un élément incontournable des cirques, les temps changent et le bien-être animal a pris le pas sur le spectacle. Personne ne pourra déplorer que cet univers décide peu à peu de s’intéresser à leur bonheur (ainsi qu’à celui des autres animaux tels les lions) et de les laisser vivre loin des pistes(1), mais que vont devenir ces pachydermes paisibles ? C’est la question à laquelle réfléchissent Sofie Goetghebeur et Tony Verhulst depuis plusieurs années.

Après avoir travaillé au zoo d’Anvers pendant plus de 20 ans, ils ont trouvé leur coin de paradis près de Bussière-Galant où, sur près de 30 hectares, ils travaillent depuis 3 ans à créer un sanctuaire qui pourra bientôt accueillir une dizaine d’éléphants «à la retraite» afin que, bien cachés comme le veut l’adage, ils puissent passer des derniers jours loin du tumulte des villes, des chapiteaux et du public qui, jusqu’à maintenant, ne les voyait que comme… des animaux de cirque.

Les éléphants apprécient les climats tels que celui du Limousin… en particulier la pluie !

«On voulait toujours en faire plus pour les animaux», explique Sofie, «et même si ce n’est que pour quelques années, on rêve de les voir vivre dans la nature, libres et heureux. À l’heure actuelle, à travers l’Europe, les cirques abritent plus de 100 éléphants. Nous voulons aider car renvoyer les éléphants dans leur pays d’origine n’est pas toujours une option réaliste. Par contre, on peut tout à fait leur créer un havre de paix en Europe.»

Mais pour en arriver là, il a fallu monter un projet un peu fou : la création d’un sanctuaire en plein Limousin. «Tout le monde nous regardait bizarrement, au début, ça n’existe pas en Europe. Alors on est allé voir ce qui se faisait aux USA dans le même domaine, on a quitté le zoo et on s’est lancé…» mais la question financière n’est pas de celle que l’on balaie d’un revers de main. Pour la «phase 1» de leur projet, sur laquelle ils travaillent depuis 3 ans, le bâtiment principal (conçu par un architecte spécialisé dans les bâtiments de zoo comme celui du Pal) et l’aménagement du terrain qui accueillera les animaux, ils doivent récolter près d’un million d’euros !

 

La campagne de Crowdfunding est en ligne sur bit.ly/EleBarnElephantHaven

 

Alors le «sanctuaire européen pour éléphants – Elephant Haven», multiplie les appels aux dons et ça fonctionne. Certains de ces dons sont en nature (pelleteuse, véhicules, pelles, câbles métalliques…) et d’autres en argent, ce qui permet d’investir au fur et à mesure, de planter les arbres nécessaires à nourrir la future population de Rétabout (le hameau où est installé le sanctuaire)…

«Heureusement que l’on a l’aide de bénévoles comme ceux de l’association MakiGo (organisation de protection de la nature), sinon on ne pourrait rien faire» témoignent Sofie et Tony qui vivent, depuis le début de leur aventure, sur leurs économies. Parce qu’il y a du travail à réaliser pour rendre le lieu habitable.

La construction même du site n’est déjà pas une mince affaire mais ils estiment à 50 000 euros par an le coût d’entretien par éléphant à l’année. «Après avoir travaillé dans les zoos, on a un réseau qui nous facilite le contact avec des professionnels des animaux sauvages mais on prévoit de s’approvisionner sur place pour nourrir les animaux, alors on plante… et on espère pouvoir négocier avec des producteurs et des grandes surfaces pour récupérer les fruits et légumes qui seraient jetés alors qu’on en aurait besoin».

Sur le site internet (www.elephanthaven.com) on peut même trouver une liste de souhaits, de matériaux et outils nécessaires, tous les conseils pour offrir ses services comme bénévole et même des conseils pour organiser des collectes de dons afin de soutenir Elephant Haven.

Pour l’heure, les travaux avancent à Bussière-Galant et Sofie et Tony espèrent pouvoir accueillir les premiers éléphants d’ici l’été 2018, mais ils ont encore besoin de l’aide de toutes les bonnes volontés touchées par l’avenir de ces gros animaux qui ne rêvent que de passer leurs derniers jours dans la nature, loin des lumières de la scène…

1. Dernièrement, André Bouglione présentait ici son projet d’organisation professionnelle qui représentera les cirques sans animaux, et dont « Elephant Haven » sera partenaire dans le cadre du replacement des éléphants de cirques.

Depuis plus d’un an, Olivier Ducray, réalisateur, travaille sur un documentaire de longue haleine qui présentera le projet étonnant de Sophie et Tony pour France 3 Région.

Tony Verhulst a travaillé au zoo d’Anvers/au parc zoologique Planckendael de 1993 à 2015, où il s’est occupé, à temps plein, des éléphants à partir de 2001. Dès l’enfance, Tony s’est passionné pour la vie des animaux et en particulier des animaux qui dépendent de l’homme. Tony s’est constitué une expérience internationale dans le domaine des soins aux éléphants. C’est de sa passion et de ses connaissances qu’est née l’idée d’Elephant Haven. Il est responsable des soins des éléphants, du développement des habitats et des plans de soins pour les éléphants.

Sofie Goetghebeur a travaillé au zoo d’Anvers de 1993 à 2015. Elle a de l’expérience dans le domaine des soins d’oiseaux, des petits singes, des okapis, des mammifères marins, des gorilles, des orangs-outans et des chimpanzés provenant d’un centre d’élevage d’animaux de laboratoire et des éléphants. Sofie aime les animaux et ressent une grande passion et une grande motivation pour ce projet. Elle est de nature sensible et éprouve un grand respect tant pour les humains que pour les animaux. Elle est également responsable des soins des éléphants, du développement des habitats et des plans de soins. Sofie est aussi active dans le département de communication.

 

Vincent Peyrel