Rochechouart : la vie de château

Publié le 11 février 2015 | Actualité / Ouest-Limousin

Pour les 30 ans de la création du musée départemental d’art contemporain et de son installation dans le château de Rochechouart, le musée a ouvert sa saison le 28 février avec un programme renouvelé qui met en valeur l’originalité de l’institution. Le thème de la nouvelle présentation des collections « La vie de château » servira de fil rouge au programme de l’année.

C'est le jeudi 22 janvier que l'œuvre monumentale (4,40 m de haut pour plus de 6 tonnes) de Tony Cragg "Column" a été installée dans la cour du château. Elle était, jusqu'alors, exposée dans les jardins des Tuileries au musée du Louvre (sur la photo).

C’est le jeudi 22 janvier que l’œuvre monumentale (4,40 m de haut pour plus de 6 tonnes) de Tony Cragg « Column » a été installée dans la cour du château. Elle était, jusqu’alors, exposée dans les jardins des Tuileries au musée du Louvre (sur la photo).

Dans un premier temps, le musée consacre jusqu’au 7 juin une exposition monographique à l’artiste slovène Tomaž Furlan qui propose l’ensemble de la « Wear Serie » (2005-2015), aussi bien ses machines-sculptures que les vidéos et performances filmées qui les mettent en scène.

Du 28 juin au 4 octobre, ce seront des créations nouvelles de l’artiste française basée à Londres et gagnante du Turner Prize Laure Prouvost qui occuperont le Grenier du château. Des artistes seront également invités à intervenir dans les collections. Il s’agira pour ce début d’année de peintures de l’artiste française Elodie Lesourd et de performances de l’artiste danois Christian Falsnaes.

À l’occasion des trente ans du musée, une nouvelle sculpture monumentale accueille les visiteurs à l’extérieur du château. « Column » (2001) de Tony Cragg prend place dans la cour en dialogue avec la colonnade Renaissance du monument et le « Souffle végétal » imaginé par Giuseppe Penone en 1985 autour d’un arbre.

Un nouveau site Internet sera également en place à partir de mars 2015. Il proposera de nouvelles fonctionnalités, ainsi que des ressources développées sur l’histoire du château, les collections du musée et particulièrement le fonds et les archives de l’artiste dadaïste Raoul Hausmann.

Les machines burlesques de Tomaž Furlan

Depuis 2005, Tomaž Furlan (né en 1978) crée des sculptures-machines au look industriel et bricolé. Prothèses encombrantes ou machines infernales, ses sculptures faites de métaux rouillés, d’objets de récupération ou encore de mousses protubérantes, se révèlent plus dysfonctionnelles que fonctionnelles.

Ses sculptures que le spectateur peut expérimenter dans l’espace d’exposition, l’artiste en donne le mode d’emploi dans des films faussement promotionnels et explicatifs où le sérieux de l’action entre en décalage avec la réalité des objets inventés. Ceux-ci sont des pièges à main, donnent des claques, deviennent un lit renversant plus proche de l’instrument de torture, tandis qu’il faut dorénavant mettre systématiquement une pièce de monnaie pour utiliser les objets les plus courants de son appartement.

Tomaž Furlan joue avec un quotidien étrangement standardisé et les gestes répétitifs du monde du travail dont il explore l’absurdité sur un mode tragicomique au fur et à mesure de l’avancée de la « Wear Serie ». Ses œuvres rappellent que, depuis les utopies modernes ou encore les développements technologiques des années 1950 et 1960, la création contemporaine a tenté de concilier le métier d’artiste et la figure de l’inventeur ou encore du mécanicien.

Cependant, comme dans une lecture actualisée des Temps modernes de Chaplin, la machine est non seulement aliénante, mais elle est aussi devenue pauvre, aléatoire, et a bien égaré en chemin le rêve de progrès et de libération qu’elle portait en elle. L’œuvre de Tomaž Furlan et son burlesque noir et critique concilient de manière originale les ressorts d’une sculpture matiériste pauvre et malade à la force expérimentale de la performance et de l’art corporel. Comme un versant sombre et précaire de l’exposition « La vie de château », cette exposition prendra place dans le Grenier du château.

Question d’habitat

Sous l’intitulé « La vie de château », la nouvelle présentation des collections contemporaines regroupe des œuvres qui ont pour thème la notion d’habitat et entrent en résonance avec l’architecture du monument. L’exposition rassemblera des acquisitions historiques et récentes du musée qui joueront avec l’idée d’un château habité autrement par l’art. Déployées sur deux étages du château, ces œuvres détournent le motif des salons, de la galerie de peintures, de la salle de musique, de la bibliothèque ou encore de la cage. Avec des œuvres de  : Jules de Balincourt, Eduardo Basualdo, Tony Cragg, Bernard Frize, Folkert De Jong, Arnaud Maguet, Alessandro Mendini, Kent Monkman, Katie Paterson, Sigmar Polke, Gerhard Richter, Tobias Rehberger, Thomas Schütte, Jana Sterbak, Patrick Tosani…