Rencontres d’art contemporain du château de Saint-Auvent : 20 ans : l’âge de… la révolution ?

Publié le 27 juillet 2016 | Une

 

Annick et Pierre Debien en pleine installation à quelques jours du vernissage de l'exposition estivale.

Annick et Pierre Debien en pleine installation à quelques jours du vernissage de l’exposition estivale.

«L’idée de révolution peut être très personnelle mais aussi collective. C’est un mot qui revient beaucoup à travers le monde depuis plusieurs années alors on en a fait le thème du 20e anniversaire», présente Annick Debien à l’entrée du château de Saint-Auvent qui accueille, cet été, les œuvres de 60 artistes de 12 nationalités différentes.

Ce qui pourrait passer pour révolutionnaire, ici, c’est surtout la volonté permanente et assumée de faire découvrir l’art contemporain à tous, sans élitisme, en ouvrant les portes de ce château du XIIe siècle aux artistes «hors système». Du coup, avec la gourmandise qui caractérise la jeunesse de leurs vingt ans, Annick et Pierre piochent dans toutes les expressions, de l’art postal à la sculpture abstraite, du collage à la peinture, des installations à l’art brut en passant par la photographie…

«Quand on dit art contemporain, beaucoup se font une idée obscure d’une chose qu’ils ne comprennent pas alors que ça englobe un domaine riche et varié qui parle à tout le monde et c’est important pour nous», poursuit Annick, qu’il y ait de tout mais qu’il y ait un sens, que les œuvres questionnent le visiteur».

Pour Pierre Debien, artiste et aussi président du festival d’arts actuel de l’Île de Ré, le propos du château de Saint-Auvent est de «montrer un travail qui ne l’est pas dans les autres lieux, dans les autres systèmes. On fait en sorte de trouver des artistes qui ont du mal à accéder aux lieux d’exposition habituels. On en a déjà croisé beaucoup ici en 20 ans mais c’est au travers de nos activités artistiques à travers le pays et au-delà (leur travail autour de Rabelais rencontre un succès international et sera exposé à Berlin en novembre prochain) qu’on en découvre énormément comme en Russie ou en Chine où la création contemporaine est d’une richesse incroyable.»

Le corset réalisé par Rosemonde Dargentolle : une «spirale des femmes» qui cite celles qui, à travers le temps, comblent le fossé entre masculin et féminin.

Le corset réalisé par Rosemonde Dargentolle : une «spirale des femmes» qui cite celles qui, à travers le temps, comblent le fossé entre masculin et féminin.

En passant le portail du château, on pénètre dans un autre monde, plein de surprises et ce qui fait plaisir aux maîtres des lieux, c’est d’entendre les visiteurs «locaux» se demander «qu’est-ce qu’on va découvrir cette année ?» lorsqu’ils arrivent dans ce lieu qu’ils se sont maintenant approprié. «Notre démarche est complètement ancrée dans la terre d’ici» insistent-ils, montrant une nouvelle fois leur conception d’une culture au plus près des gens.

C’est pour cela que, chaque année, les visiteurs de tous âges, de toutes cultures et catégories socioprofessionnelles arpentent les salles et jardins du château pour découvrir des œuvres dans un cadre remarquable et apaisant.

Qu’ils soient allemands, russes, syriens, congolais, chinois, péruviens, français ou encore polonais ou italiens, tous les artistes ont planché, cette année, sur «leur révolution»… «C’est avec les interdits que s’élèvent les murs au pied desquels germent les révolutions. Alors, comme il n’y a pas d’âge pour faire le mur…»

Du 30 juillet au 28 août de 15h à 19h, entrée libre.

Site internet des Rencontres d’Art Contemporain du Château de Saint-Auvent

Les rendez-vous autour de l’exposition

  • Samedi 30 juillet : vernissage à partir de 17h en présence de nombreux artistes avec performance dans la cour.
  • Dimanche 7 août : conférence à 15h30 à la salle de la Prade : «les œuvres contemporaines : cherche le sens». Animée par Catherine Métais, artiste et conférencière au Centre Pompidou.
  • Samedi 13 et dimanche 14 août : week-end musical avec un concert le samedi à l’église de Saint-Auvent à 15h30 dans le cadre du festival 1001 Notes. Récital de flûtes (textes et musiques) le dimanche à 16h au château : «Avec le temps». Textes d’Aragon, Claudel, Proust et Saint Augustin sur des musiques d’Afrique de l’Ouest, des polyphonies de Saint-Martial, Bach, Patrice Fouillaud.