Raymond Poulidor est décédé

Publié le 13 novembre 2019 | Une

Raymond Poulidor à Saint-Léonard lors de l’inauguration dela sculpture le représentant vélo en main.

Alors que le Tour de France s’apprête à passer une nouvelle fois dans sa ville, le sportif préféré des Limousins s’est éteint mercredi 13 novembre à Saint-léonard de Noblat où il était hospitalisé depuis un mois, très malade.

Premier hommage, quelques heures après l’annonce de son décès, le président du Conseil Régional de la Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset salue « un champion populaire »

« Né il y a 83 ans à Masbaraud-Mérignat, dans une famille modeste d’agriculteurs de la Creuse, le champion cycliste Raymond Poulidor s’est éteint aujourd’hui, à Saint-Léonard-de-Noblat, en Haute-Vienne, où il avait fait ses premiers tours de roues et coulait les jours paisibles d’une retraite amplement méritée. Populaire, c’est le mot qui me vient à l’esprit au sujet de Raymond Poulidor, cycliste hors-pair aimé et soutenu par les foules, massées d’une édition l’autre au bord des routes du Tour de France et des nombreuses classiques auxquelles il a participé.

Populaire, car d’abord ressemblant au peuple qui l’applaudissait et l’encourageait. Populaire, car fidèle aux valeurs que le peuple admire chez les champions qui le représentent : simplicité, humilité, discrétion, dureté à la peine et abnégation dans l’effort. Des valeurs qui contrastaient, dans les années 1960, avec celles pleines de panache de certains de ses grands rivaux, plus titrés mais sans doute moins encouragés que lui.

De sa victoire dans la Bordeaux-Saintes en 1960, au début de sa carrière professionnelle, jusqu’à sa 6e place dans la Paris-Nice en 1977, Raymond Poulidor n’aura jamais manqué de courage et de volonté à mettre sous ses pédales pour glaner des victoires et des podiums. De nombreux podiums souvent occupés à la première marche par d’autres que lui, adversaires talentueux, et en vertu d’une certaine dose de malchance qui lui collait parfois au maillot, qui lui valurent le surnom d’éternel second. Au point de faire entrer son nom dans notre langue comme un nom commun : « être le poulidor » revenant ainsi à dire qu’on n’avait pas gagné, mais qu’on en n’était pas loin.

Toujours simple et humble, il ne s’en offusquait pas, voire s’en amusait. C’est que lui savait – dans ce sport dur, ingrat et splendide entre tous – ce qu’est la différence entre un éternel second et un éternel deuxième. Et savait mieux que quiconque ce qu’il faut de peine, de travail et de courage, pour même espérer finir une seule course cycliste. Le palmarès extraordinaire de Raymond Poulidor et son mental hors du commun l’ont hissé au rang des légendes du cyclisme français, telles que Louison Bobet, Jacques Anquetil avec qui les duels furent mémorables, ou encore Eddie Merckx et Bernard Hinault. Jusqu’à la fin de sa vie, on aura noté sa présence chaque année lors du Tour de France, et lors du Tour du Limousin Nouvelle-Aquitaine dont il ne manquait aucune édition. Pour tous ces grands moments vécus, je salue bien bas la mémoire de « Poupou », qui restera l’un des plus grands ambassadeurs sportifs de notre région ».

Pour Jean-Claude Leblois, président du Conseil Départemental (et ancien conseiller général du canton de Saint-Léonard, maire de La Geneytouse), c’est « un géant du cyclisme français » qui disparaît.

« Fort d’une carrière de 18 ans, il aura marqué l’histoire du sport, et des générations de Français. 

Cycliste au profil complet, formidable puncheur, excellent grimpeur, il aura collectionné les places sur le podium du Tour de France et de nombreuses autres épreuves. Si son palmarès affiche 189 victoires, le grand rival de Jacques Anquetil n’aura jamais remporté la Grande Boucle ni même porté le maillot jaune. Mais même quand il perdait, Raymond Poulidor brillait et a su gagner le coeur des supporters. 

On retiendra de « Poupou » un homme d’une simplicité naturelle, toujours présent sur les étapes du Tour. Il y a encore quelques mois, le chaleureux champion et observateur avisé qu’il était continuait à signer des autographes à des admirateurs de tous âges. 

Véritable ambassadeur de notre territoire, il sera à tout jamais premier dans le coeur des Haut-Viennois. 

Aujourd’hui, c’est une page de notre histoire commune qui se tourne. C’est un héros, un mythe qui est parti. En mon nom personnel et au nom du Conseil départemental, je tiens à rendre un hommage tout particulier à cet homme pour lequel j’éprouvais une profonde admiration et adresse mes plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches, ainsi qu’au milieu sportif qui l’aimait tant. «