Les Salles-Lavauguyon : querelle en mairie

Publié le 22 avril 2015 | Une

mairie les Salles Lavauguyon

Attaqué par l’ancienne équipe municipale maintenant démissionnaire, le maire des Salles Lavauguyon répond à la suite de l’article.

 

Plus rien ne semble aller au conseil municipal des Salles-Lavauguyon où les démissions d’élus se succèdent depuis le mois de décembre à tel point qu’il faudra très prochainement organiser de nouvelles élections municipales pour compléter une assemblée qui ne comptait pourtant que 9 sièges depuis celles de 2014.

 

En cause ? Le manque de communication du maire actuel, selon ses opposants démissionnaires…

Arrivée sur la commune en décembre 2013, Christine Ballay semblait pourtant la candidate parfaite pour reprendre le flambeau lorsque l’ancien maire (durant 31 ans), François Beau, rappelle qu’il avait annoncé qu’il laisserait sa place an mars 2014. «J’avais convenu avec elle que je l’accompagnerais pendant quelques mois mais ça n’est pas possible dans ces conditions…»

Très vite, l’ancienne équipemunicipale remarque des difficultés à communiquer avec le maire. «Deux mois après l’élection j’ai compris que rien n’allait», témoigne Marie-Thérèse Précigout, pourtant première adjointe, «elle voulait tout diriger toute seule, sauf quand elle avait besoin de nous pour l’aider… dans une petite commune comme la nôtre, la communication est essentielle». Si la première démission de conseiller a eu lieu début décembre (Hélène Church), le conseil municipal continu pourtant toujours de fonctionner avec 5 élus à l’heure actuelle et la première adjointe s’inquiète que la préfecture ne réagisse pas. Elle n’a d’ailleurs toujours pas reçu la confirmation que sa propre démission du 10 février a été prise en compte.

Les incidents de séance, eux aussi, se poursuivent puisqu’en décembre comme en mars, il a fallu reporter les décisions aux séances futures, le quorum n’étant pas atteint dès qu’un conseiller décide de quitter la table, ce qui se produit fréquemment pour protester contre les agissement de Christine Ballay. «En décembre, elle a demandé à un conseiller (Pierre Chevalier, démissionnaire depuis), de ne pas voter un sujet sous prétexte qu’il le concernait personnellement (l’aliénation d’un chemin dont il n’est pas riverain) alors que c’était faux. De plus, l’aliénation de ce chemin avait été refusée lors d’un précédent conseil mais elle avait décidé de ne pas en tenir compte. Elle décide de tout, comme la vente de bois sans en parler lors des réunions du conseil municipal…»

Pour l’heure, il semble bien que, si la préfecture se refuse de commenter l’affaire, que les élections soient envisagées puisqu’il a été demandé aux autres communes de la communauté d’approuver la nouvelle répartition des représentants communautaires…

 

Mise en cause dans la démission de cinq des huit conseillers municipaux de sa commune, Christine Ballay, maire des Salles-Lavauguyon, tient à apporter des précisions et rappelle que « ce n’est pas en mairie que l’on règle des problèmes personnels des élus ».

Alors que l’ancien maire, François Beau, s’est entouré des autres conseillers municipaux démissionnaires pour accuser Chrsitine Ballay de ne pas communiquer (voir notre édition du 16 avril), son successeur ne compte pas se laisser salir sans répondre et c’est avec son adjoint Georges Glénisson qu’elle reprend l’histoire de la commune…

« Il faut savoir que tous les problèmes évoqués viennent d’une querelle personnelle entre l’ancien maire et des habitants de la commune : l’aliénation d’un chemin de 50 m ! Dans la continuité d’un projet de site d’éolienne qui a été lancé sous le mandat du maire précédent. Pour que ce projet aboutisse, il nous faut l’autorisation de plusieurs riverains qui, en échange, souhaitent obtenir ce chemin qui ne sert à rien depuis 80 ans. Cet accord était déjà évoqué depuis longtemps mais maintenant, François Beau ne veut plus négocier avec ce riverain et lui et ses amis veulent bloquer ce dossier. Pourquoi cette histoire de chemin n’a-t-elle pas été réglée sous l’ancien mandat ? »

Sur cette question, elle assure d’ailleurs qu’il est tout à fait normal d’avoir demandé à Pierre Chevalier, alors encore conseiller municipal, de s’abstenir au sujet de la délibération sur l’étude publique pour l’aliénation de ce chemin, non parce qu’il est riverain de ce dernier, mais parce qu’il est directement concerné par le projet éolien dont l’aliénation du dit chemin est une condition sine qua non. C’est la sous-préfecture qui m’a indiqué qu’il ne pouvait pas participer à ce vote et ça m’a été confirmé par le cabinet juridique d’ERDF ».

C’est aussi à propos de cette enquête publique que le « camp Beau » dégaine en accusant Christine Ballay d’avoir remis à l’ordre du jour d’un conseil municipal la délibération correspondante alors qu’elle avait été retoquée précédemment. « Ça n’a rien de critiquable, c’est même très fréquent de repasser des dossiers en réunion du conseil, de plus, ce n’est que pour lancer une enquête publique et donc justement demander l’avis des habitants de la commune ». « J’ai travaillé tout le précédent mandat avec François Beau et je ne comprends pas comment on peut en arriver là » s’indigne Georges Glénisson. « Christina Ballay passe 8 heures par jour en mairie et fait un travail remarquable, c’est pour cela que les comptes sont enfin bien tenus. On ne peut pas laisser dire des choses aussi fausses sur elle, elle communique très bien avec tout le monde ». Pour preuve, les derniers élus qui restent en mairie montrent les bannettes réservées à la communication entre conseillers. « Chacun à sa chemise dans laquelle sont déposés les documents qui lui sont destinés, toutes les délibérations et point abordés en commissions sont ainsi visibles de tous en mairie. Je leur mets même les comptes rendus des commissions auxquelles j’assiste » précise le maire, abattue par les accusations de l’ancienne équipe municipale.

« C’est moi que l’on accuse gérer les affaires de la mairie toute seule alors que, sous François Beau (contre qui elle a d’ailleurs porté plainte après qu’il l’ait insultée lors d’une séance houleuse du conseil municipal), la clarté n’était pas la règle. Ce n’est que quelques jours avant mon élection que l’ancien maire décide de nettoyer le chemin en cause dans les conflits au sujet du projet éolien. Il fait venir une entreprise afin de nettoyer le dit chemin dès le 7 avril (elle était alors maire depuis 3 jours) pour un coût avoisinant les 10 000 euros. Il fait taper un devis en mairie, envoie des courriers en recommandés aux propriétaires riverains en leur demandant d’enlever toute clôture pouvant gêner les travaux. Aucune délibération ni aucun conseil municipal n’ont validé cette opération, j’ai donc fait stopper les travaux dès le 7 avril.

Je n’ai pas accepté de régler les conflits personnels de l’ancien maire via la mairie. Savez-vous que la commune avait un emploi fictif ? Inutile de dire que lorsque vous commencez à vous renseigner pour connaître la légalité de cet emploi les administrations vous conseillent d’y mettre fin rapidement… » Évoquant encore le projet d’aménagement du bourg chiffré à 400 000 euros (« j’aurais dû signer sans prendre connaissance du dossier seulement 10 jours après mon élection ? ») ou encore les archives communales dans un état déplorable mais au sujet desquelles l’ancien maire « ne voulait rien savoir », Christine Ballay affirme « essayer par tous les moyens de redresser la situation » et que les comptes ont été approuvés en sous-préfecture et par le trésorier. « Il faut aussi savoir que celui qui m’accuse de ne pas communiquer a déjà provoqué l’arrêt maladie de la secrétaire de mairie début décembre, elle a d’ailleurs porté plainte et de nombreux anciens employés sont venus témoigner de l’agressivité de François Beau ! »

Tout en notant qu’il peut sembler étonnant de quitter son poste de conseiller municipal avec fracas en démontrant son manque d’intérêt pour les affaires de la commune et se représenter aux prochaines élections, Georges Glénisson déplore même que la fête de la commune, organisée depuis 3 ans en collaboration avec l’association des Amis de Saint Eutrope ait pâti, cette année, des querelles de l’ancien maire. En effet, « la présidente de l’association est une proche de François Beau et, à un mois de la manifestation, elle a décidé que son association ne participerait pas à l’organisation que nous avons dû gérer à 4 personnes ! » Espérons que les querelles stériles et anti-productives seront mises à mal par les résultats des prochaines élections, portant sur le renouvellement de 7 postes de conseillers municipaux, qui auront lieu le 31 mai.