Pour Saint-Junien Environnement : l’eau n’est pas potable !

Publié le 19 septembre 2019 | Une

Jusqu’à maintenant, l’association Saint-Junien Environnement organisait des rassemblements comme le mensuel «Nous voulons des coquelicots» pour demander aux dirigeants politiques de prendre des décisions en faveur de l’environnement ou pour éveiller les consciences de ses compatriotes. Mais, dimanche dernier, les membres ont décidé de se substituer à la décision d’un élu en allant planter des panneaux alertant sur l’état de l’eau de la source de Saint-Martin de Jussac.

«C’est triste de devoir en arriver là mais c’est à cause de l’immobilisme des élus concernés si rien n’est fait. Nous les avons alerté sur l’état de l’eau de cette source qui n’est pas potable alors que de nombreux habitants (et même au-delà) s’approvisionne ici et consomme cette eau».
En plantant un panneau «eau non potable» et les résultats de l’analyse que l’association a fait réaliser à ses frais, les militants espèraient bien faire bouger les choses. Elles ont bougé dès le mardi suivant… quand les panneaux ont été retirés.
L’association avait envoyé un courrier à la mairie en début de semaine demandant à ce que cette source soit déclarée officiellement non potable, justifiant sa demande par les résultats d’analyse qui conclue à une «qualité microbiologique et physico-chimique non satisfaisante par rapport aux normes en vigeur sur les eaux potables». D’autres courriers similaires ont également été adressés à la Préfecture, à l’ARS, à la POL.
Du côté de la mairie de Saint-Martin, contactée au lendemain de l’opération menée par Saint-Junien Environnement, on répond que « le sujet a été évoqué précédemment auprès des services de la Préfecture et également ce jour. Il est plus que prématuré de communiquer à la population des détails sur ce dossier sachant que les éléments ne sont pas tous réunis ».

Si le coup aura permis à l’association de faire parler d’elle et surtout des inquiétudes de la population au sujet de son environnement, l’opération n’a pas permis de trouver une présence inquiétante de pesticides dans l’eau de la source, elle est plus contaminée par un taux au dessus de la norme de bactéries coliformes. En effet, l’eau en renferme 3 UFC (colonies formées par une bactérie) dans 10cl d’eau la où la limité de qualité en préconise 1 UFC.

C’est des habitants du village qui avaient alerté l’association au sujet de la source, inquiets de l’activité agricole proche et en particulier de l’épandage. Du glyphosate a bien été détecté mais à 0,03 micro-gramme par litre alors qu’il est autorisé à 0,1.
«Même si l’on a trouvé peu de pesticides dans l’eau, il y en a quand même et, pour nous c’est déjà trop» justifie Yoann Balestrat, membre de l’association et candidat d’Urgence Écologie aux dernières élections européennes.
Il semblerait plutôt que ce soient les résidents de la commune qui polluent eux-mêmes l’eau de leur source…