Pour consommer autrement, on retourne à la source

Publié le 12 septembre 2014 | Une

La race Highland, avec ses fières cornes, remporte l'affection de Claude.

La race Highland, avec ses fières cornes, remporte l’affection de Claude.

Chez Claude Lamaud, on peut trouver toutes sortes de légumes cultivés « à l’ancienne » et même les ramasser soi-même. Comme ça, on est vraiment sûr d’où vient ce que l’on cuisine.

« Je travaille comme le faisaient mes parents sur la même ferme, bien loin des cultures intensives » reconnaît l’intéressé qui ouvre ses portes aux consommateurs qui recherchent à consommer local. « Les gens viennent eux-mêmes ramasser les légumes qu’ils achètent. Ça fait plus de dix ans que je fais de la vente directe comme ça et c’est une superbe expérience. Mais j’ai surtout, comme clientèle, des personnes âgées qui avaient l’habitude d’avoir un jardin et qui recherchent des bons produits naturels. J’ai rencontré des jeunes à la Ruche qui dit Oui (sorte d’AMAP organisée en ligne et qui réuni les producteurs tous les jeudis à Saint-Junien : www.laruchequiditoui.fr) et c’est important que les nouvelles générations s’y mettent, ce sont les jeunes qui vont changer les habitudes de consommation… et le monde ! »

Envisager le monde autrement, c’est le credo de Claude qui n’hésite pas à tester tout ce qui ne se fait pas encore ici, « tout ce qui dérange »… Quinoa, chanvre, ricin, maca (complément alimentaire énergisant et aphrodisiaque)… après avoir lancé son élevage de vaches Highlands, il ne s’empêche aucun essai (bien loin de ceux qui modifient génétiquement une espèce) pour découvrir de nouvelles cultures. « Ce qui me plaît c’est de garder ma liberté, c’est ça être paysan non ? Alors il n’y a pas d’aides pour d’aussi petites quantités, il n’y en a pas pour le quinoa qui a vu une très mauvaise année avec la pluie, ni pour le chanvre qui souffre encore d’une image négative. J’ai même essayé les patates douces, les cacahuètes… Tu peux tout faire pousser mais ça dépend de l’année, c’est bien d’essayer de nouvelles cultures ».

Et pour apprendre des gens qu’il rencontre, Claude a même ouvert ses portes aux WWOOFers (1) comme cette Hollandaise qui est restée ici 2 mois et lui a appris de nouvelles techniques (et imposé un tri sélectif très poussé). « On apprend tous les jours de tout le monde », reconnaît simplement le maître des lieux qui s’apprête à lancer la période d’arrachage des pommes de terre. C’est autour du 20 septembre que les tubercules seront disponibles au ramassage pour les clients qui veulent découvrir le bien-être qui règne sur cette ferme sous l’œil attentif de le lama Chicha qui tire son nom d’une boisson andine. « Il y a 50 ans, on était le 2e département producteur de pommes de terre en France, on a même organisé une fête de la patate ici en 2010 et 2011 (jamais à court d’envies de rencontres, il a aussi participé à la création de la fête du chanvre de Cognac) mais cette culture a beaucoup baissé » constate celui qui la poursuit néanmoins comme le faisaient ses parents aux côtés des autres cultures maraîchères (oignons, betteraves…), que l’on peut acheter directement dans sa « boutique » (ouverte les lundi et mercredi de 8 h à 10 h et le samedi de 8 h à 16 h) et l’élevage. Quoi qu’il en soit, c’est le moment de profiter d’une récolte qui promet d’être abondante cette année et de découvrir les conditions dans lesquelles on fait de bons légumes en les ramassant soi-même… « Ça, c’est du circuit court ! »

La ferme andine de Claude Lamaud, 54 route Nogeas 87310 Saint-Laurent-sur-Gorre. 05 55 39 10 32.

(1) Le WWOOFing (de World-Wide Opportunities on Organic Farms) est une pratique qui consiste, pour un agriculteur, à accueillir des personnes qui désirent découvrir en y participant, le monde agricole biologique. Le tout étant basé sur un enrichissement personnel en rapports humains et non financièrement.