Marine est dans le pré ?

Publié le 20 avril 2017 | Une

Que la candidate du FN, Marine Le Pen vienne tenir un meeting en Haute-Vienne sur une exploitation agricole, le jeudi 13 avril, n’avait rien d’étonnant vu l’accueil que lui réservent chaque année les agriculteurs présents au salon parisien. Mais que ce meeting soit hébergé par l’ancien candidat du MoDem Christophe Lechevallier «élu récemment vice-président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine» (selon Frédéric Lascaud de la Confédération Paysanne 87) avait de quoi interroger.

C’est d’ailleurs ce mélange des genres entre syndicalisme agricole et politique présidentielle que soulignait la Confédération Paysanne qui avait appelé à un rassemblement à Pageas une heure avant la tenue du meeting à quelques kilomètres de là.

«Si Christophe Lechevallier n’avait pas été élu FNSEA, ça ne nous aurait pas motivés plus que ça mais ce n’est pas anodin» dénonce Martin François, adhérent à la Confédération Paysanne et habitant d’une commune voisine, «de là à dire que la FNSEA soutient sa campagne anti-européenne il n’y a qu’un pas…»

Dans son communiqué, Frédéric Lascaud se disait «stupéfait et très inquiet que des responsables syndicaux de notre région se trouvent engagés en faveur d’un programme qui remet totalement en cause le principe fondamental de la politique agricole commune (PAC), dune part, et de nos capacités d’exportations et d’échanges commerciaux avec nos amis et voisins européens, d’autre part. Il en va de la survie même de notre agriculture et de l’économie de notre région comme de la France. Nous demandons donc publiquement que des clarifications soient exprimées sur la participation, volontaire ou non de la FNSEA, impliquée dans cette manifestation par l’un de ces principaux dirigeants régionaux.»

Un peu gênée, la FNSEA Nouvelle-Aquitaine a répondu dans un communiqué titré «rien de plus à ajouter» que «dans le cadre des élections présidentielles, la FNSEA appelle le monde agricole à voter, quel que soit le candidat choisi. Afin de ne laisser planer aucun doute, la FNSEA Nouvelle-Aquitaine tient à souligner qu’elle n’est le support d’aucun meeting, ni le porte-parole d’aucun des partis politiques dans cette campagne. C’est en son nom propre et sur la base d’une initiative personnelle, qu’un éleveur de bovins viande de la commune de Pageas accueillera sur son exploitation Marine Le Pen pour son prochain meeting. La FNSEA Nouvelle-Aquitaine indique que ses statuts mentionnent que pour être éligibles dans ses instances, les administrateurs doivent satisfaire à plusieurs conditions dont « ne pas être investi d’un mandat parlementaire ou d’un mandat de conseiller régional ».

Exit, donc, l’implication du syndicat à travers Christophe Lechevallier qui avait déjà fait parler de lui, bien avant son revirement politique du centre à l’extrême droite, en participant à deux reprises à l’émission de télé-réalité amoureuse «L’Amour est dans le pré».

De son côté, Marine Le Pen a rassemblé environ 500 personnes à l’occasion de sa venue à Pageas où elle annonçait vouloir défendre «la ruralité, les abandonnés et oubliés» face aux banlieues à qui l’on attribue trop d’argent public «avec efficacité zéro, toujours autant de chômage, d’insécurité, de trafics de drogue…»