Les adieux de Marie-Françoise Pérol-Dumont dans un climat tendu à Gauche

Publié le 25 février 2015 | Une

dumont

La dernière séance plénière du Conseil Général aurait pu n’être qu’un bilan d’une assemblée avant son complet renouvellement fin mars mais elle a permis certaines saillies sur fond d’inquiétudes politiques qui n’ont pas toutes été du goût de la présidente…

Si pour beaucoup de conseillers généraux, cette séance de débats d’orientation budgétaire était surtout la dernière et méritait un salut respectueux à la présidente du Département, tous n’étaient pas de cet avis et ont tenu à le faire savoir avant de raccrocher, pour certains, ou briguer un nouveau mandat de conseiller départemental et d’opérer d’autres choix pour d’autres, dont certains de la même famille politique que Marie-Françoise Pérol-Dumont.

C’est en fin de séance, contre toute attente, que le conseiller PS Pierre Lefort, a jeté une pierre dans la marre de la majorité en accusant la présidente de n’avoir laissé «aucun autre choix que celui de valider» des orientations budgétaires pessimistes. «Les taux d’intérêts sont proches de 0%, pourquoi ne pas financer nos investissements par l’emprunt ?» lançait-il, frustré, tout en remarquant que l’augmentation des impôts proposée ne devrait pas avoir lieu. Concluant qu’il attendait de nouvelles discussions sur les questions budgétaires lorsque la nouvelle assemblée sera installée, il a appelé de ses vœux «d’autres choix».

Peu avant, c’est avec Michel Ponchut ou encore Pierre Allard (ADS) qu’elle devait débattre, regrettant «que vous n’ayez pas saisi la main tendue de mon parti : on verra le 29 mars si on n’a pas à s’en mordre les doigts. Vous vous basez sur une politique nationale mais le 29 mars ça sera un vote local, basé sur une politique locale que vous avez reconnue.»

Pierre Allard justifiant le choix de ne pas rejoindre la majorité départementale (pour quelques jours encore tout du moins) par la désillusion que provoque le gouvernement actuel et la réforme territoriale «incohérente et confuse» là où Michel Ponchut déplore que son groupe ait été «ligoté, bâillonné» jusqu’à rompre la confiance qui avait été.

C’est donc une nouvelle fois «avec des amis comme ça» qu’a dû composer la présidente pour cette dernière séance au cours de laquelle l’opposition n’a pas manqué, notamment au micro de Raymond Archer de tacler une «stratégie budgétaire (qui est) plutôt une communication positive basée sur le passé destinée au grand public, peut être aux candidats, mais (qui) n’est pas une présentation de la politique à venir sur des années.» De son côté, mise en cause sur les «accords» entre le FN et l’UMP sur le canton de Châteauponsac (annoncés sur le site du FN), Yvonne Jardel s’est indigné «d’allusions désagréables», tenant à préciser qu’elle et son colistier ont tous deux répondu non à la demande du FN qui voulait leur apporter leur soutien. «Je ne me serais jamais alliée avec quelqu’un du FN, déjà parce que je suis profondément européenne. On continue droits dans nos bottes, les électeurs verront bien pour qui ils votent» concluait-elle.

Après ces débats de politique générale et locale, ce sont plus de 422 millions d’euros qui ont été évoqués pour les dépenses envisagées dans ce budget 2015. Celui-ci ne sera cependant voté qu’à l’issue des élections des 22 et 29 mars.