Le transfert de l’eau ne passe pas à La Croisille sur Briance

Publié le 31 octobre 2019 | Une

Le transfert de la compétence « eau » des communes à la CC Briance-Combade au 1er janvier 2020 a occasionné plusieurs articles. Les premiers relatent les réunions publiques tenues à La Croisille sur Briance à l’invitation du maire Jean-Gérard Didierre, le troisième livre la réponse des élus de la communauté de communes à celui-ci.

Réunion publique à La Croisille sur Briance.

Chapitre 1 : « Le transfert de la compétence de l’eau ne passe pas »

Le 30 septembre se tenait à La Croisille une réunion extraordinaire du Conseil Municipal (une semaine après la précédente) afin de s’opposer au transfert de la compétence de l’eau à la communauté de commune de Briance-Combade dans les conditions «prévoyant des hausses du tarif de l’eau allant jusqu’à 100%» l’explique le maire Jean-Gérard Didierre, qui a trouvé le soutien de la population et de la commune voisine de Surdoux qui est dans le même cas.

«Avec la loi Notre, la Communauté de Communes Briance-Combade va prendre la compétence de l’eau au 1 er janvier 2020, contre l’avis des élus de La Croisille-sur-Briance, et ceux-ci viennent d’être avertis du projet des nouveaux tarifs de l’eau pour les années à venir.

Alors qu’aujourd’hui, l’eau est gérée en régie municipale à La Croisille et est facturée aux habitants, depuis des années sans changement, au prix de 80 centimes le m3 pour tous les Crouzillauds, le projet des nouveaux tarifs de la communauté de communes pour les années à venir vient d’être dévoilé et ceux-ci vont augmenter de 50 % l’an prochain à 1,20 euro le m3 pour arriver à + 100 % en 2023 avec 1,60 euro le m3 et ainsi de suite jusqu’en 2026

Le pire est que cette hausse vertigineuse ne couvre que le fonctionnement (salaires et charges) et ne permet aucun travaux sauf avec des emprunts.

Considérant la situation complètement inacceptable pour lui et les habitants de La Croisille-sur-Briance, Jean-Gérard Didierre a écrit aux 700 habitants de la commune pour les inviter à prendre connaissance du projet de la communauté de communes et manifester leur opposition à cette hausse en les invitant à un conseil municipal extraordinaire.

«L’eau des sources de La Croisille appartient aux habitants de La Croisille et pas au Président de la com-com et Maire de Masléon ou au premier vice-président et maire de Neuvic-entier qui ont des intérets à agir dans cette affaire» assure l’édile de La Croisille qui a également rencontré le maire de Surdoux «pour que les deux communes unissent leurs mobilisations contre ce projet de hausse Insupportable pour leurs habitants».

Chapitre 2 : « La colère gronde contre le futur prix de l’eau »

Les élus et les contribuables de La Croisille sur Briance disent non à l’augmentation insensée du prix de l’eau contenue dans le projet de la communauté de communes et le font savoir.

À l’appel du maire, un conseil municipal extraordinaire en séance publique s’est déroulé le 30 septembre pour dénoncer cette hausse des prix. « La colère gronde dans la commune contre le projet d’augmenter le prix de l’eau de 50% dès l’an prochain pour arriver à + 100% en 2023 » assure Jean-Gérard Didierre.

Les élus et les habitants ont décidé de dénoncer ces hausses de tarifs à venir qu’ils jugent «inadmissibles et arbitraires» et contre le transfert de leur réseau d’eau potable au 1er janvier 2020 à la communauté de communes .

La réunion d’information a rassemblé plus d’une centaine de personnes très remontées contre les dirigeants actuels de la communauté de Communes Briance-Combade, surtout après que Jean-Gérard Didierre a fait la genèse de la création de la loi NOTRe et expliqué que « la décision pouvait être reportée à 2026 mais c’était la volonté des autres maires (seuls ceux de la Croisille et de Surdoux s’y opposent) de transférer leurs services de distribution de l’eau potable à Briance-Combade dès 2020, contrairement aux autres communautés de communes du secteur qui ont toutes reporté la décision en 2026 ».

Il a rappelé aussi à ses administrés que « la bonne gestion en régie municipale de La Croisille permet de facturer actuellement un des m3 d’eau les plus bas de France à 80 centimes, et cela sans aucun emprunt sur ce budget, ce qui rend possible de faire pour 80 000 euros de travaux tous les deux ans sur le réseau d’eau ».

Motion et pétition

Afin de mobiliser les Crouzillauds dans un premier temps le conseil municipal vient de voter une motion à l’unanimité à destination du Président de La République, du ministre des collectivités locales, du préfet de la Haute-Vienne, du député de la 1re circonscription et des deux sénateurs du département, pour « demander leurs interventions sur cet effet pervers et financièrement intenable dont la Croisille est victime ».

Enfin l’ensemble des présents à la réunion a décidé de mettre en place une pétition à destination de la population s’opposant à ce projet, plus d’une centaine de personnes l’ont déjà signée, et elle est en place dans les commerces du centre bourg , à la poste et à la Mairie.

Chapitre 3 : La réponse des élus de Briance-Combade

«Monsieur Le Maire,

Depuis quelques jours, vous orchestrez une campagne de communication sur le prix de l’eau à Briance-Combade en agitant des chiffres et des propos susceptibles de semer le trouble parmi nos habitants.

Nous tenons ici à rappeler quelques vérités.

Parlons chiffres

Les chiffres que vous annoncez sont en grande partie erronés : la comptabilité que vous présentez n’est pas sincère, elle omet de nombreuses dépenses. Exemple : votre budget ne comporte pas de frais de véhicules, il sous-estime la masse salariale…

Aujourd’hui, nous estimons que votre budget est minoré de 15 000 à 20 000 euros par an. C’est pourquoi nous avons dénoncé l’insincérité de vos comptes auprès de M. Le Préfet de la Haute-Vienne, en charge de faire respecter les règles comptables en vigueur. Ce qui n’est pas payé par l’usager de l’eau est bien sûr payé par le contribuable crouzillaud.

Vous affirmez que la commune dépense 80 000 euros dans les travaux tous les deux ans.

Vos comptes laissent apparaître les chiffres suivants en matière de travaux (hors achat de compteurs). 2014 : 0 euro ; 2015 : 0 euro ; 2016 : 0 euro. Visiblement quelques travaux en 2017 et 2018 mais loin des 80 000 euros annoncés tous les deux ans.

L’état du réseau

La Communauté de Communes a engagé un diagnostic auprès d’un organisme indépendant, conformément à votre vote en tant que Conseiller Communautaire. Cette étude fait un état des lieux du réseau intercommunal. Il s’avère que celui de votre commune n’est pas aussi « parfait » que vous semblez le croire et surtout le dire : en moyenne, pour 100 litres d’eau produits, seulement 56 litres arrivent au robinet ; la commune rencontre des problèmes récurrents de manque d’eau.

L’assainissement

Vous tenez à donner une leçon de solidarité auprès des autres communes qui forment la Communauté de Communes. En 2019, lors du transfert de l’assainissement, 6 communes sur 7 ont choisi de transférer les excédents budgétaires à la Communauté de Communes, hormis la Croisille-sur-Briance. Il convient de rappeler que cet argent généré par les usagers de l’assainissement leur revient de droit.

La vérité sur le prix de l’eau

Aujourd’hui, la Croisille pratique un prix à 80 centimes le m3, lorsque la moyenne nationale est à 2,15 euros. Le dernier reportage de France 3, venu à votre demande, laisse découvrir que les tarifs en Limousin varient de 1,27 euro à 8 euros. Votre tarif, basé sur des chiffres minorés, ne couvre pas la totalité de vos dépenses. Le travail sérieux mené à la fois par un cabinet indépendant et des professionnels de l’eau prévoit le vrai prix de l’eau, celui de la vérité !

La Communauté à La Croisille

La Communauté de Communes a agi de nombreuses fois en faveur de votre commune. C’est bien grâce à la Communauté de Communes que la boulangerie de votre commune existe, que les logements pour les personnes âgées ont pu être construits, que la bibliothèque est conservée, que le préau de votre école a pu être refait, ou bien que, récemment, un plateau multisports a pu être offert à vos habitants… La Communauté de Communes propose un bouquet de services aux habitants qu’une commune seule ne pourrait pas financer et vous le savez très bien.

La morale politique

Comme tout élu communautaire, vous représentez votre commune et Briance-Combade au sein des réunions. Le transfert de l’eau et de l’assainissement, en discussion depuis 2015, a permis de prendre un certain nombre de décisions sur lesquelles vous avez voté « pour ». Pour des raisons électorales, vous semblez aujourd’hui aller dans le sens du vent et jouer des peurs auprès de vos administrés. Vous mettez en cause à la fois le travail de vos collègues élus, et à la fois le travail réalisé par les services de la Communauté de Communes Briance-Combade. Vous souhaitez à tout prix «une guerre» qui n’a pas lieu puisque la Communauté de Communes agit pour tous ses habitants, y compris les Crouzillauds.

Vous prétendez avoir voulu quitter la Communauté de Communes mais une fois de plus, vous ne présentez qu’une partie de la vérité. S’il est exact que vous avez médiatisé votre «grand départ», il n’a pas eu lieu car vous n’êtes pas allé au bout de la démarche au niveau de la Préfecture. De plus, comme toutes les communes de France, vous avez l’obligation d’intégrer une autre Communauté de Communes. À notre connaissance, aucune ne vous a fait une proposition à ce jour.

Avec votre campagne médiatique mensongère, vous franchissez la ligne rouge en mettant en cause les uns et les autres.

De plus, vous vous permettez de rendre public des chiffres issus de commissions de travail, sans en donner les tenants et aboutissants, ce qui participe un peu plus au manque de sincérité de votre communication.

Pour toutes ces raisons, nous ne pouvions pas rester silencieux devant des méthodes politiques que nous rejetons et condamnons. Être élu aujourd’hui, c’est assumer la vérité, même quand elle est difficile pour nos habitants. C’est un devoir moral qui grandit le mandat que nous exerçons.

Si le prix de l’eau de l’eau à la Croisille-Sur-Briance avait été calculé justement depuis des années, nous n’en serions pas là.

Un nouvel équilibre entre impôts communaux et prix de l’eau doit être trouvé.

Nous, élus de Briance-Combade, qui assumons et conjuguons nos mandats d’élus communaux et communautaires, en appelons au courage et à la raison et souhaitons un débat apaisé et respectueux de la démocratie, basé sur la vérité.»

Yves Le Gouffe, Gisèle Faure, Colette Pélinard, Joël Forestier, Jean-Claude Sautour, David Couegnas ; président et vice-présidents de la communauté de communes Briance-Combade.