Le recteur en visite à la cité scolaire

Publié le 12 septembre 2014 | Actualité / Pays de Saint-Yrieix

Luc Johann a profité de sa visite pour se présenter aux collégiens et lycéens.

Luc Johann a profité de sa visite pour se présenter aux collégiens et lycéens.

C’est dans un contexte de grogne sur la réforme des rythmes scolaire que Luc Johann, recteur d’académie et chancelier des universités est venu en visite à Saint-Yrieix et plus particulièrement au sein de la cité scolaire Jean-Baptiste Darnet.

Le recteur est arrivé entouré de son équipe à la cité scolaire où il a été accueilli par le proviseur, Philippe Chadelas, ce dernier étant accompagné de Lionel Lambert, représentant le collège, Marie-Noëlle Dupuy pour la SEGPA et David Berger pour les lycées d’enseignement général et d’enseignement professionnel.

Cette visite officielle a débuté par la découverte de l’internat, des salles de cours et des divers aménagements de la cité scolaire et Luc Johann a rendu visite à des classes de la 6e à la terminale en passant par la SEGPA et les classes de la filière hôtellerie (cuisine et restaurant).

Rappelons que cette visite faisait partie des nombreuses visites de rentrée qui étaient programmées dans la région et ces dernières ont un caractère particulier, notamment le jour de la rentrée car il s’agit du premier contact de l’année avec les élèves pour Luc Johann.

En effet, ce dernier se dit « extrêmement soucieux d’être à l’écoute de tous, de leurs besoins et de tout ce qui se passe sur le terrain. Il faut que les élèves sachent que je suis à leur côté. »

Quel est le but de votre visite aujourd’hui ?

Pour moi le moment de la rentrée est un moment très particulier. C’est un premier contact avec les élèves et c’est d’ailleurs assez surprenant car nous arrivons avec les élèves qui découvrent en même temps que nous les lieux et nous pouvons saisir des instants extraordinaires. C’est important d’être au contact. Cela me plaît d’être sur le terrain, d’aller voir les enfants, les jeunes gens, les collègues enseignants, les personnels de direction, les équipes. Je crois qu’il est important qu’ils sachent que le recteur est là à leur côté et qu’il n’est pas coupé de la réalité du terrain.

Qu’avez-vous pensé de votre visite de la cité scolaire ?

Très agréable. Je vous dirai que rencontrer des élèves est très agréable. Les locaux sont beaux, ils ont de l’espace. C’est une grande cité qui vit avec des lieux dédiés aux élèves spécifiquement ; ces derniers étant assez épanouis, souriant, assez spontanés. Il y a de bonnes conditions de travail et des résultats qui sont plus qu’honorables. Même s’il n’est pas toujours facile de s’exprimer devant moi, mais ils ont su parler de leurs envies, de leurs projets.  Il faut favoriser la vis scolaire avec par exemple les conseils de vie scolaire pour les élèves s’expriment et nous disent ce qui les intéressent. C’est comme cela que l’on arrive à créer une dynamique d’établissement. J’ai en tout cas le sentiment qu’ils sont épanouis

Vous avez rencontré tous les niveaux de classe ce matin et vous avez parlé d’orientation notamment aux terminales mais aussi aux plus jeunes. C’est une chose qui doit se décider bien avant la terminale ?

Oui bien sûr. Si vous voulez réussir parfaitement votre orientation, il faut entamer une réflexion dès le collège. Alors au collège c’est vraiment avoir une ouverture large d’esprit, une connaissance de l’environnement économique, des entreprises, des métiers. Progressivement, on peaufine et à partir de la seconde, il faut vraiment réfléchir à son orientation. Il faut surtout que ce ne soit pas une orientation par défaut et que chacun trouve la filière qui lui correspond en fonction de son potentiel. Et, cela ne se décide pas en deux mois en terminale. On peut affiner les derniers détails, avoir une dernière mise à jour pour voir ce qui se fait, ce qui a évolué, quels sont les métiers en tension ou pas. Cependant, c’est un projet qui doit être réfléchi, je pense, beaucoup plus en amont.

En ces temps plutôt troublés sur fond de réforme des rythmes scolaires, comment cela se passe-t-il en pratique ?

Pour moi la réforme des rythmes scolaires c’est tout sauf troublée en Limousin. 70% des élèves vivent la réforme depuis la rentrée 2013. Nous avons du recul, une expertise, c’est quelque chose qui s’est très bien passé. Lorsque l’on en discute ici, les échos sont favorables. Il y a des ajustements mais nous pouvons dire qu’il ne reste qu’une minorité à passer et nous sommes bien loin de toutes les polémiques au niveau national. Ici c’est quelque chose qui est naturel et j’ai un soutien très large y compris des collectivités et de l’ensemble des personnes.

Il vous semble important de conserver et de développer les établissements en zone rurale et un maillage ?

Ce que je constate sur l’académie rurale, ce que j’ai vu sur le terrain, c’est une qualité qui n’a rien à envier à toutes les zones urbaines. En outre avec l’apport que peuvent avoir le numérique, les activités sportives… Nous avons en zones rurales des équipements de grande qualité. En ce qui concerne le maillage, ce n’est pas que mon affaire, c’est aussi celle des collectivités. Ce qui compte pour moi en terme de maillage c’est la qualité pédagogique, l’élève, avoir des équipes impliquées. C’est cela qui peut donner des limites sur des trop petites structures. Maintenant le maillage… Nous sommes sur une académie rurale et je vois des gens qui vivent bien. Depuis deux ans j’ai eu l’opportunité de me rendre sur le terrain et je vois de belles réussites à tous les niveaux.

Saint-Yrieix n’a donc rien à envier aux zones urbaines ?

Non pas du tout. On pourrait se dire que nous n’avons pas la même qualité d’enseignement. Ceci étant, regardez les résultats du baccalauréat par exemple. En filière générale ou technologique, on a des résultats qui sont même un peu légèrement supérieurs à la moyenne nationale et un bac techno qui a dépassé le bac général et le bac pro qui est en progression. Donc nous avons de vrais succès, de belles réalisations : le Limousin peut être fier de son système éducatif.

Vous parliez des bacheliers professionnels. Lorsque vous êtes arrivés sur le secteur en 2012, l’un de vos objectifs était de créer pour ceux qui le souhaitaient un levier afin qu’ils puissent intégrer l’université. Qu’en est-il aujourd’hui ?

C’est politique et une volonté nationale. C’est la déclinaison de la politique qui est faite par la ministre de favoriser l’entrée notamment des BTS et des Bacs pro à l’université. Il s’agit de favoriser l’entrée des bacs techno en IUT. Il y a un besoin et que c’est probablement par là que l’on arrivera à atteindre 50% d’une classe d’âge qui arrivera en niveau licence. Mais c’est un objectif qui n’est pas que le mien. On fixe progressivement un certain nombre de quotas aux lycées qui ont des sections STS et progressivement, sur trois ans, l’objectif est de pouvoir faire intégrer aux jeunes qui le souhaitent l’université. Nous devons favoriser leur intégration.