Hôpital Roland Mazoin : une année de challenge, d’espoir mais aussi de vigilance

Publié le 8 février 2017 | Une

Après la présentation d’Éric Brunet (à gauche), le maire Pierre Allard a assuré veiller sur la maternité.

La traditionnelle cérémonie de vœux de l’hôpital Roland Mazoin du 26 janvier dernier s’est une nouvelle fois déroulée en présence de nombreuses personnalités et devant une bonne assistance.

Cet exercice permettant de fixer les principaux événements de l’année écoulée et de présenter les futures orientations de l’hôpital, met également à l’honneur les médaillés 2016 (25), les diplômés de la dernière promotion de l’IFAS (43) et les nouveaux retraités de l’établissement (14) avec une évocation toute particulière d’Eric Brunet le directeur de l’hôpital pour le docteur Christian Terlaud.

Celui-ci a en effet quitté ses fonctions de médecin médiateur le 31 décembre après avoir été Chef de service de Médecine Interne et président de la CME (Commission Médicale d’Établissement) du centre hospitalier Roland Mazoin. Un petit retour en arrière lançait alors la cérémonie. En janvier 2016, l’hôpital avait réussi à contenir ses dépenses mais se trouvait cependant dans une situation déficitaire. Pour enrayer le processus, l’établissement a dû poursuivre la diversification de ses activités en élargissant son offre de soins.

Un plan de recrutement a donc été mis en place d’autant plus que les docteurs Gérardin, Villate et Bois prenaient leur retraite. Avec l’arrivée d’un ophtalmologue, d’un ORL, d’un médecin gynécologue, de 2 anesthésistes, d’un gastro-entérologue, de médecins spécialisés en chirurgie pédiatrique, gynécologie médicale, urologie, urgences et gériatrie, l’activité externe de l’hôpital a poursuivi son évolution en nombre de patients. Assurant des soins en majorité pour des patients issus de la communauté de communes, il continue à être attractif sur la Charente.

En clair il reste dynamique et a acquis une réputation d’excellence jamais démentie grâce à l’investissement quotidien de l’ensemble de la communauté hospitalière. Mais malgré les efforts engagés, l’année 2016 a été une année pour le moins difficile. Trois secteurs importants ont en effet été particulièrement touchés suite à des départs de praticiens : la cardiologie, l’endoscopie et la chirurgie viscérale remplacées par des intérimaires d’où une augmentation des dépenses médicales et l’établissement a enregistré une baisse des séjours entraînant une baisse des ressources.

L’apport d’un million d’euros de l’ARS permettra d’achever l’exercice 2016 dans des conditions moins défavorables. La mission de l’établissement est désormais de redresser sa situation sur le chapitre des dépenses en revoyant son organisation et en redéfinissant ses objectifs. 2016 n’a cependant pas empêché l’établissement de poursuivre son développement pour le bien-être des malades avec: une augmentation de la capacité ambulatoire, la mise en place de consultations au CHU par des équipes de Saint-Junien, l’achèvement de la seconde phase du chantier bloc opératoire, l’acquisition d’un nouveau véhicule SMUR, de 2 ambulances et d’un minibus, l’achèvement du nouveau bâtiment qui accueillera les 80 résidents de Bellevue fin mars, la mise en place d’une équipe spécialisée pour venir en aide à domicile aux personnes atteintes d’Alzheimer…

2016 aura également été l’année de la mise en place du GHT (Groupement Hospitalier Territorial) dont le Centre Hospitalier fait désormais partie depuis le 1er juillet au même titre que 17 établissements de l’ancienne région Limousin et dont le CHU est l’établissement support. Cela entraînera une meilleure collaboration des établissements pour le bien des malades et une politique d’achat généralisée à l’échelle du territoire.

Pierre Allard vigilant sur la maternité

Pour résoudre ses difficultés financières, l’établissement doit désormais travailler de manière différente: s’ouvrir vers l’extérieur et chercher d’autres gisements de productivité auprès notamment du GHT et revoir le mode d’organisation de la maternité dont le nombre a baissé à l’instar du taux de natalité de notre région. Devant toutes ses inquiétudes financières et ces nombreuses réorganisations Pierre Allard a tenu à préciser sa position et celle de son conseil municipal sur la santé d’un hôpital public qui souffre.

 » Notre système hospitalier reste l’un des plus efficaces dans le monde mais aussi parce que nous avons en France et ici même à Saint-Junien la chance de pouvoir compter sur des personnels de santé soucieux du service public et qui chaque jour, malgré la pénurie, continuent de faire leur travail avec dévouement auprès des patients. Alors comment enrayer l’épidémie. Sûrement pas en faisant de la santé une variable d’ajustement financier. Comme le dit le bon sens populaire : la santé n’a pas de prix… Je n’affirmerai pas qu’il n’y a pas d’économie à faire, qu’il n’y a pas à rationaliser ici où là les organisations. Mais je suis convaincu qu’il n’y a pas d’issue hors du service public, hors de l’intérêt général. La santé, le bien-être de tous, quelle que soit leur situation sociale ou géographique ne sont pas monnayables.

Monsieur Brunet vient de nous donner une description précise de l’établissement, de ses atouts et faiblesses, du niveau de son activité, de sa situation financière, de ses projets. Je n’y reviendrai pas… Je tiens toutefois à revenir sur la question des finances. Dans ce cadre, parmi les options mises à la réflexion pour la réduction des dépenses, il est émis l’idée de transformer la maternité en Centre périnatal de proximité. Chacun connaît la place qu’occupe la maternité dans l’offre de soins sur notre territoire ; on y dénombre plus de 300 accouchements par an. Son impact est majeur bien au-delà des frontières communales dans la prise en charge de la mère et de l’enfant… Elle est la seule entre Limoges et Angoulême. Sa transformation symboliserait l’aggravation de la désertification médicale qui frappe notre pays. C’est pourquoi le maire et le Président du Conseil de surveillance que je suis, restera vigilant sur cette question. Je sais pouvoir compter sur le soutien de la population et des élus qui ont montré à plusieurs reprises leur attachement à la maternité. Je viens d’ailleurs d’attirer l’attention des parlementaires de la Haute-Vienne sur cette menace et demandé leur appui… »