Du papier plus blanc et moins de rejets dans la Vienne

Publié le 12 novembre 2015 | Une

Philippe d’Adhémar (à gauche) accueillait les élus et représentants de l’État pour trancher le ruban.

Philippe d’Adhémar (à gauche) accueillait les élus et représentants de l’État pour trancher le ruban.

International Paper recevait du beau monde, le 5 novembre dernier, à l’occasion de l’inauguration officielle de son atelier de délignification à l’oxygène dans son usine de Saillat-sur-Vienne.

En effet, que ce soit le préfet de région, les présidents du département et du Limousin ou le directeur de l’agence de l’eau Loire-Bretagne, ou les maires des communes voisines, ils étaient tous là pour saluer ce nouvel équipement qui permet de réduire de 30% les rejets dans la Vienne !

Si le directeur de l’usine accueillait les participants et présentait le propos de la journée, le vice-président et directeur général de l’activité papier d’IP en Europe était aussi venu pour présenter cette inovation qui permet à IP de «produire l’un des papiers qui présente l’une des empreintes carbones les plus faibles au monde» puisque, selon lui, «il n’y a pas de développement envisageable sans économie circulaire, il faut développer des produits plus efficaces mais moins gourmands en ressources». Cette «réussite exemplaire» comme la définit Philippe d’Adhémar, consiste à utiliser l’oxygène plutôt que de chlore pour blanchir la pâte à papier. Si l’opération est vite résumée, elle est très complexe et ce nouvel équipement à nécessité 20 millions d’euros.

La visite des lieux présente un parcours surprenant...

La visite des lieux présente un parcours surprenant…

Le processus classique de fabrication de la pâte à papier de fibre de bois passe par une étape de délignification et de blanchiment des fibres. Modifier le procédé de fabrication en insérant une étape de délignification à l’oxygène, permet de réduire à la source les émissions de pollution et l’usage des produits chimiques et, par extension, les rejets organiques dans la Vienne. «Ce projet a reçu le soutien financier de l’agence de l’eau (5,9 millions d’euros)», souligne Martin Gutton, son directeur général. «Cette technique de production, plus propre et très en pointe constitue un vrai progrès écologique. Saillat est le premier redevable à l’agence sur ce bassin (le site est classé Seveso) et nous nous réjouissons de la baisse de cette redevance puisque ça accompagne des amélioration de développement durable».

Le préfet, le maire de Saint-Junien et le sous-préfet Nathalie Valleix séduits par les chaises en carton produites par IP.

Le préfet, le maire de Saint-Junien et le sous-préfet Nathalie Valleix séduits par les chaises en carton produites par IP.

Pour Gérard Vandenbroucke, président du Conseil Régional, «s’il est un lieu que l’on peut qualifier de structurant c’est bien celui-ci». Il se félicitait d’un choix stratégique qui s’inscrit dans la durée et note la participation de l’Europe (1 million d’euros) qui souligne «l’implication de l’Europe sur les territoires» pour soutenir des initiatives comme celle-là qui «rendent la France plus attractive».

Cette unité de délignification O2 est en activité depuis le mois d’avril et ses travaux d’installation qui ont duré 18 mois n’ont rencontré aucun problème technique. Son raccordement a été opéré pendant l’arrêt général de 10 jours tous les 18 mois.

Un peu d’histoire…

International Paper est un leader du papier et de l’emballage dont les sites de fabrication sont situés en Amérique du Nord, Amérique Latine, Europe Russie, Asie et Afrique du Nord. Ses activités comprennent l’emballage et les papiers non couchés industriels et de vente. Le siège se trouve à Memphis Tennessee. IP emploie environ 58 000 personnes et occupe des sites stratégiques dans plus de 24 pays. En 2014, ses ventes nettes se sont élevées à 24 milliards de dollars.

L’usine de Saillat-sur-Vienne, fondée en 1894, qui fabrique de la pâte et duy papier non couché sans bois, appartient à IP depuis 1989. Certifiée Origine France Garantie, c’est la seule papeterie intégrée en France qui utilise exclusivement du bois local pour sa production (rayon moyen de 150 km). Les performances environnementales de l’usine sont reconnues dans le cadre de l’Ecolabel Européen et par les certifications FSC et PEFC. L’usine de Saillat est aussi un acteur clé au niveau local puisqu’il génère environ 550 emplois directs et 4 000 emplois indirects dans la région. L’usine collecte par l’intermédiaire de sa filiale le Comptoir des Bois de Brive environ 1 350 000 tonnes de bois par an. Une fois acheminé à l’usine de Saillat, ces rondins sont stockés par essence puis coupés en copeaux qui sont ensuite envoyés pour cuisson dans le lessiveur qui culmine à 63 mètres du sol pour séparer la lignine et la cellulose. Ce sont les fibres de cellulose qui iront ensuite blanchir dans le nouvel atelier O2.

Alain Charbonneau présente la pâte blanchie à la sortie de l’atelier de délignification à l’oxygène.

Alain Charbonneau présente la pâte blanchie à la sortie de l’atelier de délignification à l’oxygène.