Défendre l’hôpital Roland Mazoin c’est défendre la santé de tous

Publié le 28 mars 2018 | Ouest-Limousin

Les élus font bloc autour de Pierre Allard pour dénoncer une Tarification à l’acte qui «étrangle les hôpitaux publics».

«L’hôpital de Saint-Junien n’est pas une coquille vide et son personnel se dévoue tous les jours pour la santé de tous». Pierre Allard entend bien tordre le cou aux rumeurs qui annoncent la mort du centre hospitalier Roland Mazoin.

Certes, les indicateurs ne sont pas au beau fixe mais le déficit qui dépasse le million d’euros vient d’une situation «qui étrangle les hôpitaux publics… si cette situation était dû à la gestion des établissements c’est qu’elle serait mauvaise partout puisque le déficit, en France, devrait atteindre 1,5 milliard d’euros cette année». S’il souhaite évoquer la situation préoccupante de la santé publique, le maire de Saint-Junien pointe tout d’abord du doigt la fameuse T2A, la tarification à l’acte, un système «dans lequel on persiste depuis 10 ans (alors que même les USA ont abandonné ce principe «mortifère pour les hôpitaux publics») et qui diminue le niveau de remboursement et, donc, creuse le déficit des hôpitaux.

«Un hôpital public a en charge toutes les pathologies mais elles ne sont pas toutes remboursées, certaines pratiques rapportent et d’autres non… c’est une variable économique qui ne peut pas entrer en ligne de compte pour la santé publique».

Alors que l’activité de l’hôpital de Saint-Junien a augmenté entre 2016 et 2017 de 4,62% (+7% au niveau des séjours) «la T2A ne permet pas de suivre les besoins en recrutement d’un personnel médical qui a l’impression qu’on annonce la mort du CH… Ce n’est pas le cas mais tous les hôpitaux publics vont mourir si on ne réfléchit pas à une évolution».

C’est dans ce but, nourrir une grande réflexion sur la santé publique, que Pierre Allard annonce d’ores et déjà l’organisation d’un grand débat sur la santé à Saint-junien au mois de mai. «Cette goûte d’eau gantière est le reflet de ce qui se passe en France et c’est pour cela que je souhaite organiser ces assises pour réfléchir à la conception de la santé publique dans les hôpitaux de notre pays. Ce n’est pas en les réorganisant qu’on réglera le problème, ils fonctionnent déjà à plein régime mais les hôpitaux ont besoin d’avoir une vision d’avenir». Fin de la T2A, mesures pour «garder nos médecins dans les hôpitaux publics»… les propositions ne devraient pas manquer à cette occasion !

Rappelons que l’hôpital de Saint-Junien est passé sous codirection avec le CHU de Limoges «ce qui devrait permettre de stabiliser le personnel en recrutant des médecins (c’est déjà un professeur du CHU qui dirige l’équipe de chirurgie viscérale de Saint-Junien)» reconnaît Pierre Allard qui annonce le retour de du service oncologie dès le mois de mai à Roland Mazoin.