Contre l’asphyxie programmée des communes

Publié le 23 septembre 2015 | Actualité / Ouest-Limousin

Tous les maires de Vienne-Glane se sont réunis pour présenter cette journée d’action inédite.

Tous les maires de Vienne-Glane se sont réunis pour présenter cette journée d’action inédite.

Le samedi 19 septembre, les usagers de Vienne-Glane ont trouvé porte close en se rendant dans leurs mairies. C’est pour relayer l’action de l’Association des Maires de France que ceux de notre territoire avaient décidé de sensibiliser la population aux difficultés croissantes qu’ils rencontrent au moment de boucler leurs budgets. En cause : la politique de l’État depuis 2012 qui «asphyxie» les communes en leur supprimant les dotations à un rythme intenable.

«L’heure est grave» annonce d’entrée le président de la communauté de communes Joël Ratier, entouré de tous les maires de l’intercommunalité. «C’est la première fois que l’association des maires de France se mobilise unanimement toutes sensibilités confondues». Et pour cause, cette mobilisation est l’aboutissement d’un ras-le-bol généralisé des élus locaux qui, en 2014, adoptaient 15 000 motions de soutien de cette démarche visant à interpeller l’État. «Mais le gouvernement reste sourd à nos demandes et on demande un effort aux collectivités pour participer à un redressement d’une dette que l’on n’a pas créée».

Depuis la fin de la taxe professionnelle en 2010, les coupes n’arrêtent pas de compliquer la tâche des maires au moment de boucler leurs budgets. «Gel des dotations de l’État en 2011 -prolongé en 2012 et 2013-, loi de finances qui diminue les dotations d’État de 11,5 milliards d’euros en 2013… Pour Vienne-Glane, depuis 2011, c’est une baisse de 14 % des dotations qu’il faut subir (soit 356 000 euros en moins sur 4 ans) et le fonds de péréquation intercommunale est passé de 95 000 euros en 2012 pour la CCVG à 671 000 euros en 2015, soit sept fois plus ! La ponction globale de l’État entre 2011 et 2015 sur Vienne-Glane est de 932 000 euros !»

À Saint-Junien, les habitants ont signé en masse la pétition de soutien.

À Saint-Junien, les habitants ont signé en masse la pétition de soutien.

Un état de fait inacceptable pour nos élus locaux qui dénonce une iniquité entre les contributeurs puisque «56 % de l’effort de la baisse des dotations sont portés par les communes et intercommunalités contre seulement 12% par les Régions alors que le bloc communal ne représente que 4,5% de la dette publique» Les conséquences ? «Des investissements menacés, la démocratie locale en danger et la ruralité marginalisée» puisque l’investissement des collectivités représente aussi des emplois. «Le secteur du BTP a évalué le nombre d’emplois qui disparaîtraient à 30 000».

Ce que tous trouvent injuste, c’est que l’État annonce, d’un côté, 2 milliards de baisse d’impôts alors que, de l’autre, il oblige les communes à envisager d’augmenter les impôts locaux pour maintenir un seuil de services au public. «L’État change les règles du jeu et on va se retrouver en difficulté pour maintenir nos équipements dont personne ne conteste le bien-fondé (centre aqua-récréatif, Mégisserie, EMI, centre sportif d’Oradour pour ne citer que ceux de Vienne-Glane).

Forcément, pour financer le fonctionnement, c’est l’investissement qui en pâtira et, comme le rappeler Philippe Lacroix le maire d’Oradour-sur-Glane, «l’investissement, c’est de l’emploi». «Pour Saint-Junien, comptabilise son maire Pierre Allard, avec le transfert de charges comme les temps périscolaires, les transports, les cartes d’identités, l’urbanisme… on arrive à 2 millions d’euros cumulés que l’on perd sur le fonctionnement, c’est l’équivalent de 60 emplois !»

Une colère qui n’est pas près de se calmer chez les maires qui continuent pourtant de défendre leurs communes.