Châlus : le carbone et la forêt

Publié le 11 février 2015 | Une

Les participants intéressés par ce projet, potentiellement transposable sur leurs territoires.

Les participants intéressés par ce projet, potentiellement transposable sur leurs territoires.

À l’initiative du Parc Naturel Périgord Limousin, Laure Dangla, chargée de mission forêt au Parc et animatrice de la Charte forestière, a animé une réunion de présentation et d’échanges sur le projet Carbone+, la valorisation des espaces forestiers par une gestion qui maximise le stockage du CO2 dans les forêts, jeudi 29 janvier, salle des associations. 

Des représentants des territoires du Limousin, de Dordogne, d’Aquitaine (Conseil Général, Conseil Régional, les Pays, communautés de communes et d’agglomérations, PNR Périgord-Limousin et Millevaches en Limousin, forêt) étaient présents et intéressés par ce projet mis en œuvre, jusqu’en 2017, sur le Parc pour contribuer à l’atténuation du changement climatique et aussi pour faire évoluer les pratiques sylvicoles sur le territoire.

Le Parc a 60 000 ha de forêts, à 99 % en propriété privée et très morcelée, soit un taux de boisement de 34 %. 250 entreprises travaillent dans la filière bois. La forêt a un rôle d’absorption du carbone et il est important de valoriser cette action. Elle agit en 3S : séquestration par une action biologique et la photosynthèse, stockage en ayant du bois à longue durée de vie (bois d’œuvre, de construction), substitution, usage des bois. Tout doit être pris en compte jusqu’à la fin de vie du bois. Il ne faut pas se limiter à l’arbre, il y a aussi les produits tirés de celui-ci : 20 tonnes de CO2 permettent de produire 1 m3 de bois, 1 m3 de bois frais stocke 1 tonne de CO2, utiliser 1 m3 de bois économise 0, 8 tonnes de CO2. La forêt est le seul outil connu mesuré efficace de stockage du CO2 atmosphérique. Elle a deux effets : puits de carbone comme stock biologique et pompe à carbone avec accroissement biologique. Le forestier peut agir sur les deux en améliorant l’accroissement biologique et en produisant du bois d’œuvre.

Le Comité de pilotage de la Charte forestière a validé la réflexion en 2013 et s’est appuyé sur des analyses d’expériences existantes en France, notamment en Rhône-Alpes. Elles agissent sur trois volets, environnemental, économique et social. 2014 a été la première année de mise en œuvre de ce programme expérimental, sous maîtrise d’ouvrage du Parc, sous maîtrise d’œuvre du CRPF Limousin et Aquitaine, sous la gouvernance d’un comité de pilotage, une mise en place par un comité technique, encadré par le chargé de mission forêt du Parc. Deux itinéraires sylvicoles «Carbone+ » ont été validés, 50 ha de travaux forestiers ont été identifiés. Plus de 20 documents de gestion durables ont été signés par des propriétaires volontaires pour s’engager dans la démarche. Pour les itinéraires sylvicoles, le propriétaire aura un cahier des charges à respecter et sera contrôlé. Mais il s’engage aussi sur du long terme en faisant le choix de mieux gérer ses parcelles et d’exploiter son bois autrement ce qui n’est pas toujours évident pour lui. Il s’engage sur des éléments qu’il ne va pas forcément maîtriser au cours des années.

Suite à des animations faites auprès de propriétaires forestiers sensibilisés au programme, adhérents pour la plupart au GDF, et des visites de réalisations sur le terrain, des cartographies et des diagnostics ont été effectués sur des parcelles potentiellement concernées par ces itinéraires Carbone+ : conversion de taillis de châtaignier en futaie, 20 propriétaires pour 40 ha identifiés ; amélioration de peuplement de feuillus, 20 propriétaires pour 36 ha ; transformation de peuplement dépérissant, 13 propriétaires pour 40 ha. L’ensemble de ces itinéraires peuvent concerner 50 % des boisements locaux.

« Le travail sur la forêt est un travail sur le long terme. On espère conduire cette animation jusqu’en 2017 », a déclaré Laure Dangla. La poursuite de cette étude permettra de tester de nouveaux itinéraires sylvicoles et de travailler en collaboration avec les démarches régionales dont les objectifs, en 2015, sont de trouver des partenaires financiers pour la réalisation effective des préconisations de gestion identifiées. La continuité de ce projet sera étudiée de manière à intégrer d’autres Parcs régionaux, notamment Millevaches et Landes de Gascogne.

Les participants ont eu ensuite la présentation d’une éclaircie de taillis de châtaignier, réalisée chez Francis Barbault à Peydavie durant l’hiver 2013-2014 par Jean-Marc Chamoulaud, le mauvais temps n’ayant pas permis la visite sur le terrain.