Ce rocher d’où l’on contemple l’univers

Publié le 9 mars 2016 | Une

Philippe Lambert, à gauche, présente les spécificité du cratère de Rochechouart aux élus locaux.

Philippe Lambert, à gauche, présente les spécificité du cratère de Rochechouart aux élus locaux.

Le décor aurait pu être celui d’un concert de musique celtique mais il n’en était rien. Tout en haut du rocher du château de Rochechouart, c’est bien au milieu de l’un des 188 cratères recensés dans le monde que Philippe Lambert présentait, la semaine dernière, la création du CRIC.

Il faut dire que rien de ce site exceptionnel n’est étranger à cet ancien de la NASA. Philippe Lambert, a débuté sa carriè̀re scientifique au Bureau de recherche géologique et minière en 1972 par l’étude gé́ologique de la structure d’impact de Rochechouart, é́largie au mé́tamorphisme de choc naturel et artificiel dans le cadre de sa thềse d’état soutenue en 1977. Il a ensuite rejoint le Center for Meteorites Studies (Université d’Etat d’Arizona), puis la NASA (Houston), ré́alisant les premiers travaux d’identification et de quantification des effets de choc dans les mé́téorites. Il est le principal acteur de la littérature scientifique sur Rochechouart. Il a été nommé conseiller scientifique de la Réserve Naturelle Nationale de l’Astroblème de Rochechouart Chassenon à sa création en 2008. Il est instigateur et acteur du projet de réalisation et de gestion par cette Réserve, de forages carottés de recherche dans le sous-sol du cratère de Rochechouart et d’exploitation scientifique par la communauté internationale sous contrôle de la Réserve.

C’est donc tout naturellement qu’il va devenir le directeur de ce CRIC qui vient de naître au pied du château de Rochechouart. Ce Centre de Recherche sur les Impacts et sur Rochechouart est un organisme qui aura une vocation scientifique d’observation de phénomènes météoritiques mais également pédagogique et donc ouvert au grand public. Présidé par deux collèges dont des élus de la communauté de communes de la POL, il permettra de mettre en valeur la recherche et attirer des scientifiques du monde entier sur ce site unique de par son périmètre assez restreint qui permet de «toucher le fond d’un cratère assez facilement» comme l’explique le futur directeur du CRIC.

Les recherches in situ sur d’autres planètes ou astéroïdes coûtent infiniment plus cher que quelques jours à Rochechouart ! L’EPCI a donc mis deux bâtiments à disposition de l’association, dont un servira au stockage de roches dont l’étude intéressera toute la sphère scientifique et, au-delà, la connaissance humaine de l’espace qui nous entoure.

Ainsi, le CRIR récupérera des échantillons sur tout le périmètre de l’impact (plus de 15 km de diamètre) à chaque occasion (travaux, fouilles…) pour les analyser et même créer «des modèles sur le terrain qui nous permettent, en situation, d’observer ce qui peut se passer sur d’autres planètes». Cette structure, actuellement portée par les communes du seul EPCI Porte Océane du Limousin est appelée à évoluer puisque le territoire du cratère concerne d’autres pays comme la Haute-Charente. «C’est un territoire qui avait déjà une cohérence que l’on retrouve dans la grande région par l’effet qu’a eu cette météorite il y a plus de 2 millions d’années !»

Vincent Peyrel