CADA d’Eymoutiers : si on parlait des demandeurs d’asile ?

Publié le 27 novembre 2014 | Actualité / Monts-et-Barrages

 

Plusieurs demandeurs d'asile du Buchou se sont associés aux organisateurs de l'association un territoire en commun.

Plusieurs demandeurs d’asile du Buchou se sont associés aux organisateurs de l’association un territoire en commun.

Pari gagné pour l’association Un Territoire en Commun, organisatrice des deux journées d’information et de débats autour du droit d’asile à la salle des fêtes le week-end dernier.

Au moins deux cent cinquante personnes ont participé à l’un ou l’autre des événements proposés pour en savoir d’avantage sur les procédures du droit d’asile, du rôle d’un CADA (Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile ) ou sur les demandeurs d’asile eux-mêmes, de nombreux résidents ayant fait le déplacement du Buchou pour rencontrer et raconter leur itinéraire, leur vie à Eymoutiers, leurs espoirs, leurs lassitudes souvent à attendre trop longtemps les papiers qui leur permettraient de rester en France légalement, d’y refaire leur vie, d’y travailler…

Les participants ont pu entendre et comprendre l’inquiétude pour l’avenir de tous ces gens qui ont fui contre leur gré leur pays pour ne plus y subir la torture, le viol, la prison pour opinion le racket ou tout simplement pour ne pas risquer la mort et qui savent qu’en France seuls 20 % des demandes d’asile aboutissent.

Les personnalités invitées pour répondre aux questions ont rappelé que près de trente mille étrangers sont expulsés chaque année de France et qu’en général ils deviennent, une fois à nouveau dans leur pays d’origine, « mendiants, fous ou tués ».

De nombreux échanges ont donc ainsi pu avoir lieu, les débats de samedi soir autour du film « Les Éclaireurs » au Jean-Gabin autant que ceux de dimanche après-midi en présence de personnalités qualifiées mais également le repas de samedi soir qui a réuni 180 personnes et le bal qui a suivi ont été autant d’occasions de faire connaissance entre les uns et les autres. Une volonté manifeste de venir en aide aux demandeurs d’asile et en particulier à ceux du Buchou s’est exprimée de la part de plusieurs habitants de la cité pelaude ou des communes environnantes, rendant ainsi nécessaire la création d’une nouvelle association, spécifiquement orienté sur le soutien aux demandeurs d’asile dans le domaine matériel mais aussi juridique en particulier quand les personnes sont amenées à quitter le CADA : la législation est de plus en plus compliquée comme l’a expliqué Christine Martineau, avocate au barreau de Paris et membre du Groupe d’Information et de Soutien aux Travailleurs Immigrés (Gisti ) Une nouvelle loi est d’ailleurs en préparation sur le sujet qui pourrait, « sous couvert d’accélérer l’examen des dossiers, durcir un peu plus l’accès au statut de réfugié » a souligné Richard Moyon du Réseau Éducation Sans Frontières qui se demande d’autre part si « l’ouverture de centres de demandeurs d’asile en milieu rural ne ressort pas d’une volonté politique de mieux repérer et d’avantage contrôler les demandeurs d’asile tout en les isolant de leur communauté d’origine ».

Michel Ponchut, conseiller général du canton, a de son côté souligné l’importance d’une rencontre telle que celle vécue à Eymoutiers les 22 et 23 novembre « dans un climat international où les esprits se referment et où la frilosité est de mise ».