Beaumont-du-Lac disparaîtrait bientôt ?

Publié le 10 décembre 2015 | Une

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Le conseil municipal a invité la population à venir débattre, le dimanche 29 novembre au foyer, autour de la vie de la commune et notamment d’une idée de fusion avec la commune de Peyrat.

Après qu’une minute de silence ait été observée en mémoire des victimes des attentats de Paris, Pierrick Pourchet a ouvert ce moment en rappelant que seules des questions communales seraient abordées comme lors de la première réunion publique. Une large partie de la réunion a porté, bien sûr, sur ce rapprochement qui a fortement échaudé les esprits des Beaumontois durant toute la semaine. Devant une assemblée venue en nombre, il a commencé par expliquer les tenants et les aboutissants de ce projet : « à l’image des réformes départementales et régionales, l’état voudrait que les communes fusionnent au plus vite. » Ce projet a été présenté aux mairies en leur disant que si elles s’associent avant la fin de l’année, la dotation de l’état pourrait arrêter de décroître d’autant moins si la nouvelle entité comptait plus de mille habitants. Ce qui serait le cas s’il y avait fusion entre Beaumont et Peyrat. Il a ensuite rappelé la genèse de ce projet : « il y a quelques mois, lors du congrès départemental des pompiers qui s’est tenu sur l’Île de Vassivière, le préfet, Laurent Cayrel, a exprimé sa surprise de voir trois maires réunis lors de la remise des galons. »

Ni Monique Lenoble, maire de Nedde, ni Stéphane Cambou (Peyrat) ne seraient donc à l’origine de ce questionnement mais bien le préfet. À la suite de plusieurs réunions avec le conseil municipal dont certaines avec des élus de Peyrat, il a été décidé de porter cette question devant les habitants de la commune. « Toute l’équipe municipale n’aurait pas jugé normal qu’une décision d’une telle importance soit prise en catimini, sans l’accord de la population. » Bien que les avantages financiers ne soient valables que jusqu’à la fin de l’année, il a préféré utile de n’évoquer la question que maintenant car il considère qu’il n’y a pas urgence : « d’autres sujets sont bien plus urgeant, comme celui de l’ancien village – vacances de Cévéo sur la presqu’île de Pierrefite par exemple. » Parmi le conseil municipal, quelques voix discordantes lui ont fait remarquer que s’il n’était rien décidé avant décembre, les avantages offerts n’auraient peut-être plus cours et qu’il est toujours préférable de choisir ses partenaires plutôt que de se voir imposer une fusion. « Lorsque Jacques Hannicot a laissé sa place, la situation financière de la commune était saine, il est important que cela continue. » De plus, s’il y avait fusion, il faudrait niveler tous les taux afin qu’ils soient identiques entre les deux entités (les différents tarifs et taxes notamment). Au sujet du taux d’endettement par habitant n’a pas évolué à Beaumont depuis le départ de l’ancien maire ; il est à 547 euros. Alors que celui de Peyrat est nettement supérieur. Autre exemple, l’eau est à 0,86 euros à Beaumont (1) alors qu’à Peyrat elle est plus chère. La décision qui a été prise au sein de l’équipe municipale est de continuer à travailler mais, pour l’instant, « il est donc urgent d’attendre, ne rien faire dans la précipitation. » Le groupe de travail des élus municipaux qui s’est réuni autour de cette question continuera à se retrouver pour réfléchir car avant quelques années, « ces fusions seront obligatoires. » Les communes auront de moins en moins de dotations de l’état car elles auront moins de compétences.

Après ces explications de la situation, plusieurs personnes sont intervenues comme Michel : « en cas de fusion, que deviendraient les employés municipaux ? » « Ils resteront en poste mais ils pourront être amenés à intervenir sur un territoire agrandit au moins pendant les quatre prochaines années. » Jacques Hannicot en sa qualité d’ancien premier élu a exprimé son soulagement de voir que la décision de cette future fusion n’aura pas lieu immédiatement mais après une réflexion plus approfondie. Un élu, Serge, quant à lui, pense aussi que ce laps de temps supplémentaire sera vraiment nécessaire pour évaluer l’impact de chacune des orientations choisies.

En dépit des craintes que ce temps de partage soit agité, l’équipe municipale a pu constater que le report de la décision était bien accueilli par les habitants de la commune qui avaient pu faire le déplacement.

Les questions qui ont suivi portaient sur des problèmes strictement locaux comme le recensement du petit patrimoine local qui permettrait de mettre en exergue des richesses insoupçonnées présentes dans les campagnes. De nouvelles heures de travail attendent élus et habitant de la commune.

 

(1) Contrairement à ce qui est annoncé dans l’article (paru le 3 décembre), le tarif de l’eau est bien celui qui est indiqué sur les feuilles de la perception d’Eymoutiers (précisions apportées par la municipalité de Beaumont après parution de l’article). De plus, Pierre Pourchet tient à rappeler que cette démarche « est une piste sur laquelle les élus travaillent ». Il explique aussi que si les fusions entre les communes deviennent obligatoires dans l’avenir, « il est judicieux de penser dès maintenant avec laquelle». 

Pour lui, ce lien avec Peyrat pourrait aussi se traduire par un mariage entre les associations de chacune des communes afin que les liens humains puissent se tisser entre Beaumontois et Peyratois. « Cette fusion doit se réfléchir avec tous les acteurs en lice ; élus, habitants, enfants et parents. » Il ajoute que ce ne sont pas des raisons financières mais plutôt des logiques plus locales qui ont conduit à ce que cette réflexion ait lieu.

Par ailleurs, le préfet avait émis l’hypothèse de cette fusion en plaisantant au vu des bonnes relations des deux maires lors du congrès des pompiers qui a eu lieu cet été autour du lac de Vassivière.