Article du 13/01/2010 à 17:00
Les dromadaires de Rochechouart
Les dromadaires s'adaptent plutôt bien au Limousin.
Chez les Maniaval, les chevaux ibériques à robe pie côtoient des animaux exotiques.

Ils figuraient dans la crèche vivante de Châlus, l'un d'entre eux a amené le Père Noël lors du marché de Noël de Saint-Laurent-sur-Gorre... Mais d'où viennent ces dromadaires? De Rochechouart!
Finalement, des dromadaires en Limousin, ce n'est pas si farfelu. Michel et Laurence Maniaval en ont trois, dans leur ferme de la Martinie. "Les dromadaires supportent très bien le froid. C'est plutôt l'humidité qui ne leur convient pas. Mais ils ont habitués, dans le désert, à de fortes amplitudes thermiques : ils ont même capable de modifier leur température."
Son premier dromadaire, Michel Maniaval l'a acheté "à un collègue dans un cirque. Depuis, on en a eu jusqu'à cinq."
Côté caractère : "Ils ont têtus mais gentils, un peu comme l'âne. Ce sont des animaux très attachants, intelligents, très calmes. Ca a un côté plus tranquille que les chevaux. Ils supportent très bien la foule."
A la Martinie, les dromadaires ont plusieurs hectares de pâture pour eux, et un hangar à leur disposition. "Le confort, c'est important."
Même si ce sont des animaux faciles, il faut s'en occuper, "les éduquer, les préparer". Et là, pas de mode d'emploi, et vu la rareté des élevages dans la région, difficile de trouver quelqu'un pour donner des conseils. "Mais ce qui compte, c'est l'observation. La technique c'est une chose, mais avec les animaux, il faut observer et adapter."
Cela fait une dizaine d'année que Michel et Laurence sont installés à Rochechouart. Auparavant, ils étaient dans l'Aveyron. Leur passion première, ce sont les chevaux. Ils ont éleveurs de chevaux ibériques de robe pie. "C'est le cheval des rois", affirme Michel. C'est en effet souvent la race que l'on retrouve dans les tableaux de maîtres du XVIIIe : d'élégantes montures toutes en courbes, au profil busqué, au maintien altier. Prisés pour le dressage, ces chevaux ont leur afficionados. A La Martinie, il y en a une soixantaine : les Maniaval les font naître, les débourrent, les dressent et les vendent dans toute l'Europe.
En Aveyron, le couple avait en parallèle une activité de tourisme équestre et de ferme pédagogique. C'est comme ça qu'ils ont commencé à s'intéresser à des races d'animaux anciennes, rare, comme les moutons ou les cochons hongrois, les volailles d'ornement...  Ils avaient également commencé à monter des spectacles équestres.
A Rochechouart, ils ont trouvé plus d'espace et une plus grande proximité des grands axes routiers, qui leur permet de proposer des spectacles un peu partout dans la région. Cette partir de leur activité s'est donc développée. Michel et Laurence bénéficie de l'aide d'une cinquantaine de cavaliers, "des gens d'horizons très divers, qui ont en commun la passion des chevaux". "Chacun amène ses compétences."
Ces spectacles font appel à leur talent pour travailler avec les animaux : "Il faut pouvoir utiliser les animaux dans toutes les circonstances."  Laurence parle plus volontiers "d'éducation" que de "dressage" : "Il faut être cohérent, comme avec les gens! Il faut aimer les animaux. C'est un échange, il y a un retour." De l'écoute, de l'observation, du travail : cela a permis notamment à Michel d'envisager de tirer des feux d'artifice depuis un de ses chevaux. "Les chevaux ont un instinct de fuite", c'est dire la prouesse que représente le fait de faire accepter à sa monture une telle opération. Michel a un brevet d'artificier, et a déposé et protégé son idée de feu d'artifice à cheval.
Des idées il n'en manque pas : que ce soit pour un spectacle sur le thème du far west, de la fantasia, de la préhistoire... "Des idées toujours plus farfelues", note en riant l'un des "amis cavaliers", Rémi.  Farfelues mais pas trop : "On ne peut pas faire n'importe quoi quand il y a du public. Il faut toujours penser à la sécurité."
Des idées, il y en a encore en réserve : l'été prochain, un nouveau spectacle sera proposé dans la cour de la ferme.



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A l'origine, Michel et Laurence Maniaval sont éleveurs de chevaux ibériques à robe pie : un créneau pointu.
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