
Un château très bien restauré et ocnservé.
A la frontière des bassins de la Loire et de la Garonne, sur la commune de Champagnac-la-Rivière, trône le château de Brie au coeur d'un vaste domaine forestier de plus de 450 hectares.
Constitué d'une maison centrale flanquée de 2 tours rondes à l'arrière et d'une tour carrée au milieu de la façade, ce château est la résidence du comte et de la comtesse Pierre du Manoir de Juaye.
C'est par un temps maussade que nous reçoit le propriétaire qui, ne semblant pas faire état de la pluie fine qui nous détrempe, nous entraîne à travers le parc du château pour un historique passionné de sa « maison ».
« Les Brie, qui étaient des militaires, seraient arrivés de Dordogne vers 1250 sous le nom de Boschaud, devenant plus tard « Boschaud de Brie », ce nom venant probablement de la colonisation romaine du Limousin, où les terres étaient partagées entre les soldats. Vers 1483, un certain Jean de Brie épousait une Mademoiselle de Hautefort (dont le château se trouve à 40 kilomètres). Le permis de construire un château, donné par le vicomte de Rochechouart mentionnait une maison forte de tours, tourelles, mâchicoulis, pont-levis, etc. La guerre de 100 ans étant terminée, les châteaux d'habitation firent leur apparition, tout en gardant les tours, les meurtrières, et y ajoutant de grandes ouvertures. »
« A l'emplacement du château devait probablement se trouver une ancienne construction fortifiée moyenâgeuse, comme semblent le démontrer d'anciennes fondations en granit découvertes dans les caves. La guerre de 100 ans se termine vers 1453 et le château ou « maison forte » sera construit en 1484. Entre la façade du château et la grille d'entrée du parc, se trouve une grange médiévale fortifiée antérieure à la « maison », bâtie sur une motte qui se trouvait à l'époque au milieu d'un étang de 1000 m². C'est un bâtiment qui servait autrefois de lieu de garnison ou de refuge pour la population. Il est fortifié par deux échauguettes (ou poivrières) et 13 meurtrières. »
« Il existe également une deuxième interprétation, à savoir que cette grange aurait pu servir lors des guerres de religions, afin de recueillir les redevances, les Brie pouvant être chargés de les collecter pour eux-mêmes et pour Rochechouart dont ils dépendaient. Cette grange de 28 x 12,50 mètres, inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques fut transformée en étable vers 1850 par le grand père de mon épouse, M. Bouland, lors de la réorganisation de la propriété, où il fit installer des barges à fourrage au-dessus de deux stabulations. Auparavant, après l'achat de la « maison » vers 1804, il avait effectué des travaux sur le château en 1810, procédé à l'installation de 11 métairies et racheté des terres », explique le maître des lieux.
La pluie redoublant d'intensité, il nous entraîne à l'intérieur en passant par une large porte d'entrée ouvragée surmontée d'une inscription en latin : « Le château de Brie édifié en l'année du Seigneur 1484, dévasté en l'an 1793 et réparé en 1845 par Stéphaine Bouland. » Nous prenons pied dans une salle basse voûtée, ouvrant sur les caves. Dans celles-ci, voûtées également, se trouvent des restes de murs droits en granit, attestant d'une ancienne construction.
Nous empruntons ensuite un escalier à vis constitué de 84 marches de granit de 1,50 mètre de long, dont l'ascension est couronnée par une voûte en palmier de pure style gothique flamboyant. Il ouvre sur deux portes à chacun des trois étages. Un dernier escalier, plus petit, logé dans l'épaisseur du mur, mène à la chambre dite « de la pucelle », située sous le grenier. Il est à noter une curiosité amusante : la tour carrée renferme un escalier cylindrique alors que les tours rondes abritent des pièces carrées. Au premier étage du corps de bâtiment, les parquets sont d'époque, en chêne.
Pierre du Manoir de Buaye poursuit l'historique de son domaine : « Brie est vendu en 1545 à une famille « Schouly » de Saint Yrieix. Durant deux siècles, entre 1545 et 1740, plusieurs noms apparaissent, vraisemblablement de la famille, car vers 1750, nous retrouvons les noms de « Schouly » et « Vassan » comme habitant de Brie. Mademoiselle de Vassan, très riche héritière, possédait un territoire depuis Pierre Buffière jusqu'à Saint Junien, pratiquement la moitié de la Haute-Vienne, soit plusieurs milliers d'hectares, ainsi que les châteaux forts de Pierre-Buffière, de Chéronnac et de Saint-Junien. Elle épouse par la suite M. de Mirabeau. Le couple donne naissance à Mirabeau, Vicomte de Pierre-Buffière, célèbre tribun de la Révolution. M. de Mirabeau père dépense sans compter une grosse partie de la fortune de son épouse dont il était devenu le tuteur. A la suite d'une plainte à la Cour, elle récupère l'usage de sa fortune. »
« Après la Révolution, les propriétés ayant perdu de leur valeur, se sont trouvées plus ou moins à l'abandon. M. Bouland, homme d'affaire à Paris qui avait prêté de l'argent aux Mirabeau, a monté un dossier et a demandé à Napoléon de déclarer leur faillite. Brie a été vendu par le Tribunal de Rochechouart à M. Bouland qui l'a ensuite revendu à l'un de ses frères, Stéphaine Bouland, qui avait fait fortune en Amérique. Ce dernier a remis Brie en état. Sa fille, Céline Bouland, créole issue de la Martinique, a épousé M. de La Tour. Mon épouse est leur descendante. »
Aujourd'hui, le domaine a une vocation touristique : on peut loger plus de 70 personnes sur place grâce aux six maisons de vacances et aux trois chambres d'hôtes. La grange médiévale sert de salle de réception pour 350 personnes.
Dans une autre grange du parc, est installée une exposition : « Le petit monde des Automates », présentant des scénettes qui emmènent les visiteurs faire un tour du monde en musique.
Visites les dimanches et jours férié de 14 h à 19 h du 1er avril au 1er octobre. Réservations : 05 55 78 17 52.
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