
Le château de la Brégère.
La ville de Saint-Yrieix a acquis fin 2009 le château de la Brégère, situé sur la commune, à environ 7 km de la ville. Depuis plusieurs années, la mairie attirait l'attention des propriétaires de la bâtisse à propos de la déshérence dans laquelle elle se trouvait. Enfin, la commune a fini par proposer de faire entrer le château dans son patrimoine pour le sauvegarder.
Acquis pour la somme de 35 000 € (frais de notaire compris), il nécessite une restauration lourde. La commune a entrepris des travaux de mise hors d'eau avec des reprises importantes au niveau des charpentes et des couvertures. Plusieurs pièces de charpentes ont été changées dans le respect du bâtiment, en utilisant des poutres de chêne ancien et en reprenant à l'identique les corbeaux qui bordent la toiture.
En chiffres...La ville de Saint-Yrieix a donc lancé cette sauvegarde pour un montant de 80 000 € TTC. Les travaux devraient prendre plusieurs mois (fin du chantier prévu en février 2011) et ont été confiés à l'entreprise Tigoulet.
La Fondation du Patrimoine a tout de suite apporté son soutien financier pour le projet de restauration suite à une convention de partenariat signée en 2010.
La ville a aussi souhaité bénéficier de la reconnaissance de l'État en demandant la protection au titre des Monuments Historiques. Et grâce à "l'engagement personnel du député-maire", comme l'a bien souligné le directeur régional des affaires culturelles, le château a passé l'oral et une inscription est en bonne voie. Cela permettra à la commune de bénéficier de subventions supplémentaires (25 %) et de solliciter aussi le conseil général de la Haute-Vienne.
Sauvegarde d'un patrimoineIl est indéniable que Saint-Yrieix est une ville d'Histoire, riche d'un patrimoine mobilier et immobilier important. Depuis de nombreuses années, la ville considère cet acquis comme un atout et ne ménage pas ses efforts en matière de sauvegarde, de restauration et de mise en valeur.
Ce château est en réalité une "maison forte", peut-être d'origine XIVe siècle et peu remanié. On le trouve mentionné comme bien immobilier dans un acte de mariage qui date de la première moitié du XVIe siècle, ce qui peut laisser penser que le château est déjà construit depuis quelques décennies. Par son architecture, elle témoigne encore parfaitement de la nécessité qu'avait l'aristocratie rurale de se doter d'une petite forteresse pouvant tenir quelques heures, notamment pendant la guerre de Cent Ans.
Elle a appartenu de façon continue à la même famille connue de l'histoire arédienne pendant plusieurs siècles : les Du Garreau, seigneurs de la Brégère, alliés aux Autier.
Le château est entouré de ses dépendances, dont une grange ovalaire, protégée par une toiture en tôle ondulée mais dont la charpente n'est pas en mauvais état. Encore privée, elle intéresse la commune dans le cadre d'une acquisition cohérente avec le château, formant un ensemble en tant que patrimoine rural agricole. De l'autre coté, le château donne directement sur un petit étang en contrebas et sur des chemins pédestres.
Intégration dans un circuit de valorisation du patrimoine...Après cette sauvegarde, la ville souhaite poursuivre les restaurations avec un premier aménagement des espaces intérieurs : pose de menuiseries, reprises des planchers et revêtement des murs, consolidation de l'escalier à vis, restaurations des boiseries (salle du rez-de-chaussée et portes de placards à l'étage), etc.
La grande pièce du rez-de-chaussée comporte sur le mur de cheminée un ensemble de boiseries dotées de la fameuse coquille Saint-Jacques, connue pour accompagner les pèlerins mais aussi motif décoratif incontournable de la période de la Renaissance.
Ce décor mérite sans conteste une restauration, il confère à la pièce un cachet indéniable et montre le rôle d'apparat de ces pièces principales où l'on recevait à la fois ses pairs et ses "partenaires économiques".
A lire également:-
En savoir plus