Depuis le mois d'octobre, la nouvelle caserne située au chemin des Gouttes accueille les gendarmes de Saint-Junien. Il a fallu quatre ans, dont 18 mois de travaux, pour que ce projet se concrétise. L'inauguration officielle des locaux avait lieu le 20 décembre.
La nouvelle caserne s'étend sur une parcelle d'environ 2 hectares. 35 logements ont été construits, du T2 au T6, pour héberger les gendarmes et leurs familles. Le commandement de la compagnie a quitté Rochechouart pour s'installer dans les nouveaux locaux où sont également abrités la communauté de brigade et la brigade de proximité (qui laissent vacant le bâtiment de la route d'Oradour-sur-Glane), le peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie, et la brigade de recherche. Une quarantaine de gendarmes travaillent sur ce site.
La brigade motorisée (qui partageait les locaux de l'ancien commissariat, boulevard de la République, avec le PSIG) s'est, elle, installée à Rochechouart.
La caserne a été construite par Saint-Junien Habitat (l'office public de l'habitat) pour un coût de 6,5 millions d'euros, avec une contribution de la Ville de 610 000 euros (elle a apporté le terrain, a participé aux frais de voirie et réseaux). La gendarmerie paiera un loyer de 463 400 euros qui permettra d'amortir l'investissement de départ, financé par des prêts.
Le bassin de Saint-Junien, c'est une population en augmentation, des flux de véhicules croissant, et malgré cela, une délinquance en baisse depuis 2008, le fruit de "l'engagement constant des gendarmes, dont la productivité n'a fait qu'augmenter", affirme le colonel Langlois. "Il fallait un cadre de vie et de travail qui permet de faire face à cet enjeu de taille, accompagner le développement du bassin de vie de Saint-Junien." Pour le commandant du groupement de gendarmerie de la Haute-Vienne, l'objectif de cette nouvelle caserne est rempli, avec des équipements alliant "esthétique et modernité", et une attention toute particulière au développement durable : pompes à chaleur, éclairage régulé automatiquement, panneaux solaires, etc.
L'achèvement de ce grand chantier donne à Pierre Allard, le maire de Saint-Junien, l'occasion de revenir sur les évolutions des relations entre la gendarmerie et la commune, relations qui ont connu un tournant quand, en 2001, la police a quitté le territoire de Saint-Junien. " Cette période difficile passée dans de bonnes conditions, la relation gendarmerie-municipalité-population n'a pu que s'améliorer au fur et à mesure du travail conjoint." La signature du contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance a contribué au rapprochement. Et cette nouvelle caserne constitue une nouvelle étape. Le maire a également profité de l'inauguration officielle des locaux pour saluer Pierre Boiroux, directeur de Saint-Junien Habitat, qui a suivi de chantier et qui s'apprête à prendre sa retraite.
Le général Malabre guide les gendarmes de Saint-Junien"J'aime bien la gendarmerie. Je l'ai beaucoup aimée toute ma vie. C'est un moment très émouvant pour moi" : le général Jean Malabre a accepté de donner son nom à la nouvelle caserne de gendarmerie de Saint-Junien.
Jean Malabre, c'est ce jeune officier de gendarmerie de 24 ans, à peine sorti d'école, originaire de Saint-Paul, qui a convaincu, le 6 juin 1944, 180 gendarmes corréziens de rejoindre le maquis de Georges Guingouin. À la tête de neuf pelotons en marche vers Limoges, il est prévenu du débarquement allié, à Magnac-Bourg, par des émissaires du maquis, qui lui font part de l'ordre donné aux militaires par De Gaulle et Koenig de reprendre le combat. Les gendarmes choisissent de rejoindre le maquis, et le convoi gagne les environs de Saint-Gilles-les-Forêts, auprès de Guingouin et de ses hommes : "C'était des révolutionnaires, moi pas trop !" Mais l'amalgame se fait, "ce sont devenu des copains". Jean Malabre obtient à la confiance de Guingouin, participe aux combats du Mont-Gargan, puis à la campagne de France.
Après la guerre, Jean Malabre a poursuivi une carrière brillante dans la gendarmerie, jusqu'aux plus hautes responsabilités : il terminera sa carrière en 1978, comme adjoint du directeur de la gendarmerie.
Le choix de donner à la nouvelle caserne le nom du général Malabre s'est rapidement imposé : Limousin, gendarme ayant accédé à de hautes fonctions, résistant. "C'est aussi un hommage à vos compagnons d'arme du maquis", note le colonel Langlois, commandant du groupement départemental. "Arma virumque cano" (je chante les armes et les hommes) : c'est par ses mots de Virgile repris par Aragon que le colonel Langlois explique : "Il faut donner des symboles à ceux qui sont ici", éclairer la route...
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