Article du 28/08/2012 à 16:06
Géocaching : un outil touristique
Un nouvel outil de développement touristique.
Depuis l'année dernière, le Limousin s'est mis au géocaching, via l'opération Terra Aventura, portée par le comité régional du tourisme. Basé sur la technologie GPS, cette chasse au trésor nouvelle manière a du succès. Cette année, le nombre de circuit à doublé : il en existe désormais 60. Il va falloir se familiariser avec le monde des Poiz...

Le géocaching, c'est en fait une chasse au trésor qui s'appuie sur le GPS (Système de positionnement par satellite). Né en 200, le concept a donné naissance à des communautés de géocacheurs sur internet, qui créent des caches, et en recherche d'autres, en se basant sur les coordonnées GPS de ces dernières. La cache elle-même, c'est généralement un petit contenant étanche. L'usage veut que le géocacheur qui la trouve indique son passage dans le registre, et y laisse un objet, trace de son passage. "Ça fonctionne comme un réseau social : des milliers de personnes à travers le monde cachent ici et là, et se stimulent dans le jeu", explique Sophie Marnier, qui coordonne l'opération au niveau du Comité régional du tourisme. Il y aurait plus d'un million de caches dans le monde !
En Limousin, l'originalité consiste à avoir fait de ce concept un outil de développement touristique. C'est même une nouveauté en France. Lancée l'année dernière avec une trentaine de caches, l'opération Terra Aventura s'appuie sur tout un petit monde, "un univers ludique, avec de petits personnages, des histoires...", créé par un société, Proximit, prestataire pour le CRT.
A travers le territoire, on part donc à la recherche des Poï'z, petit personnages "monopodes", qui ont chacun leur personnalité et leurs caractéristiques : Zefaim, le gourmand féru de mets locaux, Zabeth passionnée d'histoire, Zabdo le sportif, Zouti le plus manuel des Poï'z... Muni d'une feuille de route, le géocacheur part à la recherche de l'un d'entre eux, et ce faisant, découvre la région et ses trésors cachés. La cache trouvée, il indique son passage sur le carnet, note le mot mystère qui lui permet de participer au concours organisé en parallèle, ramène son Poï'z, et entretient le trésor en y laissant un petit objet, trace de son passage. Pour la deuxième saison, de nouveaux Poï'z ont rejoint ce petit monde. Et pour pimenter l'affaire, des méchants, les "bad Poï'z" circulent : il faut les capturer. Tout cet univers est relayé sur le site internet (terra-aventura.fr), où les feuilles de routes sont téléchargeables, et où les géocacheurs laissent leurs commentaires et indiquent leurs trouvailles.
Terra Aventura permet de présenter de petits circuits de découverte sur différents thèmes (histoire, nature, etc.), avec plusieurs niveau de difficulté, plus ou moins de distance à parcourir. Une série d'étapes indiquées par leurs coordonnées GPS donnent lieu à des énigmes, dont les solutions mises bout à bout forment les coordonnées de la cache finale...
Le dispositif, coordonné par le CRT, est relayé par les offices de tourisme. Ce sont eux qui suggère les circuits : "Ils connaissent les endroits insolites, peu connus, les sites remarquables, avec un intérêt paysager ou historique..." Leur projet est validé et adapté pour coller au mieux avec l'univers des Poï'z. A charge aussi, pour chaque office "d'animer le jeu, et aussi d'en assurer la maintenance".
Le concept, pour la deuxième saison, se développe. De nouveaux Poï'z (dont Zécolo, un badge pour ceux qui ramassent les déchets sur le parcours, et en apportent la preuve), de nouvelles caches, des bad Poï'z, mais aussi des produits dérivés, des partenariats, avec des repas ou hébergement labellisés, des caches accessibles...
Sur la saison dernière, 10 000 Poï'z "Beaucoup de familles, qui ne connaissaient pas le concept, s'y sont mises.


À Eymoutiers, on cherche Zart'
Fort du succès de son parcours sur "l'histoire des Pelauds", Eymoutiers se dote d'une nouvelle chasse au poï'z cette année. Elle propose de partir à la recherche de la cache de Zart', féru d'arts plastiques.
"On a répondu tout de suite à l'appel à candidature du CRT en début d'année pour mettre en place un second parcours", explique Patricia Mingotaud de l'office de tourisme, "et l'art contemporain était une évidence puisqu'il y a vraiment moyen de valoriser les oeuvres présentes dans la ville". Il est vrai que, de la mosaïque de Jean Fraisseix en hommage à Nicolas de Staël, à la cache dont le nom n'étonnera personne à Eymoutiers, en passant par l'art taupière ou le land-art, la cité pelaude offre de multiples visions d'artistes contemporains.
"Le plus difficile, explique Sylvie Vergne qui a mis en place ce parcours, c'était de recenser des oeuvres visibles en extérieur pour qu'il puisse être fait n'importe quand. Il a aussi fallu recueillir les présentations de leur propre travail par les artistes vivants représentés mais c'est vrai que le gros du travail est tout de même fait par la société Proximit quand elle met tout ça en ligne". Et en quelques semaines voilà le parcours "l'art contemporain à Eymoutiers" créé.
Si la chasse au poï'z Zabeth, qui présente "quelques-uns des personnages qui ont marqué l'histoire de la ville" a permis à Eymoutiers d'être la quatrième aventure la plus suivie sur les 32 de la région (avec 132 poï'z récupérés dans la cache), il y a fort à parier que Zart' rencontrera lui aussi un grand succès dès les vacances et même avant. "C'est fou, il y a des géocacheurs qui ne font que ça dès qu'ils ont le temps", s'étonne même Patricia. "On avait déjà reçu des coups de fil avant que le second parcours soit ouvert, suite au teasing sur le site internet", mais le jour même de l'ouverture (le 1er juin), il y avait déjà des participants qui laissaient des commentaires en ligne après avoir trouvé leur premier poï'z de la saison (bravo aux "Géoscouts" qui en totalisent déjà 40 sur les deux saisons !). Et Sylvie, qui avait rempli la cache au lancement se voyait dans l'obligation d'y réinstaller une trentaine de poï'z vendredi dernier.
Il faut dire que l'équipe de l'office se motive autour de cette nouvelle proposition touristique et de nombreux lots "locaux" récompenseront la capture des "bad poî'z". Le domaine du Buchou (hameaux de gîtes de la Ligue de l'Enseignement) a, ainsi, offert un séjour à une famille l'année dernière pour les meilleurs géocacheurs. Cette année, il a décidé d'être "encore plus partenaire" et fait désormais partie à part entière du circuit à plusieurs titres. "L'une des étapes, la pierre tournante de Louis-Romain Bard, est située sur notre site et comme le CRT proposait de rejoindre l'opération en proposant des produits partenaires on a voulu participer", explique la directrice Sylvie Lecadet. "C'est un truc sympa à proposer aux touristes et c'est pour ça qu'on joue le jeu", en créant un gîte estampillé Terra Aventura dans lequel une décoration spéciale a été réalisée (et contiendrait même des indices dans la chasse aux poï'z) et avec lequel la location du GPS est offerte. "Comme le parcours Zart' passe ici on peut déjà voir des participants passer ici pour résoudre l'énigme de la pierre tournante... ça rencontre déjà un bon succès !"
Pour l'instant, ils sont quatre à proposer un produit spécial géocaching avec la ferme des abeilles, le Ranch des Lacs (avec une assiette spéciale et sa chambre Paul Rebeyrolle) et le "chemin de fer touristique Limousin Périgord" qui, à l'occasion de ses voyages entre Limoges et Eymoutiers, offrira des lots à ceux qui auront profité de leur halte dans la cité pelaude pour y chasser Zart'.
"Ce n'est pas du vrai géocaching comme il est pratiqué par les plus acharnés," avoue Patricia Mingotaud. "C'est plus ludique et ça s'adresse à un public familial. Pour nous c'est l'occasion de faire découvrir des lieux où les non initiés n'auraient pas l'idée d'aller comme au nid de Claude Pouget", très remarqué par l'équipe Nostalédonie (qui signe les présents laissés dans les 29 caches qu'elle a déjà trouvées). À lire les commentaires laissés sur le site Terra Aventura, Eymoutiers séduit les géocacheurs et ce n'est pas l'ombre qui plane avec l'arrivée des "bad poï'z" qui va gâter l'ambiance !

Première saison à Saint-Junien
"Dès le premier jour, il y a eu un commentaire sur le site." Amel, de l'office de tourisme, est assez époustouflée du succès du circuit de géocaching mis en place en juin à Saint-Junien, sur la vallée de la Glane. "Il y a des mordus. Il y en a qui le font même la nuit."
Difficile d'évaluer précisément le nombre de géocacheurs passés par là, si ce n'est en consultant le site internet. Et d'après les commentaires, ça marche bien.
C'est l'office qui a proposé le circuit sur la vallée de la Glane : "Ce sont des endroits qui ne sont pas forcément connus, même des Saint-Juniauds. On a repéré le circuit, on a fourni des légendes, des éléments d'explication, des points d'intérêt historiques..." Ensuite, c'est Proximit qui a rédigé la petite histoire, et ajusté le parcours. "Le plus difficile, c'est de trouver une cache à la fois accessible, et bien cachée !"



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