Article du 27/04/2010 à 19:45
A Saint-Yrieix, portrait d'un matelassier
Le matelassier au travail.
Jean-Philippe Rouanne est matelassier, établi à Glandon. Il explique son métier.

Le Nouvelliste : Jean-Philippe rouanne, qu'est-ce qui vous a poussé à exercer ce métier de matelassier ?
Jean-Philippe Rouanne : Au début, je n'avais pas particulièrement d'attache avec ce monde-là, j'étais un citadin et je travaillais dans l'industrie. Par choix personnel j'ai fait la démarche de déménager en campagne en 1988, pour la qualité de vie. J'ai alors exercé plusieurs métiers en milieu rural et j'ai également fait de l'animation. A nouveau par choix en 1996, j'ai décidé de me mettre de façon professionnelle à la tonte des moutons, activité que j'avais déjà pratiquée. J'ai eu la chance de rencontrer un tondeur professionnel qui exerçait à Payzac et qui est responsable national au sein de l'association des tondeurs de moutons pour la formation des tondeurs. J'ai donc pu perfectionner mes techniques et accéder aux formations. Par la suite, j'ai rencontré des transformateurs de laine qui m'ont donné envie de transformer la laine à mon tour, et d'en faire des matelas et des couettes.

Le Nouvelliste : Et vous vous êtes lancé ?
Jean-Philippe Rouanne : Oui... Grâce à un filateur et une association nationale (Réseau Atelier) qui s'occupe de la promotion de la laine et de la communication à l'intérieur de la filière ainsi que la formation de ceux qui souhaite apprendre les métiers de la laine.
Après avoir monté un plan de formation, je me suis formé pendant l'hiver 1999 à la fabrication des matelas. J'ai monté ce projet en Lot-et-Garonne avec un salarié à mi-temps et nous sommes installés en avril 2001 entre Agen et Villeneuve-sur-Lot. L'aventure a duré deux ans. Je continuais l'activité de la tonte et j'étais donc absent de l'entreprise trois mois dans l'année. J'ai trouvé cela assez dur à gérer. L'activité de tonte est complètement complémentaire de l'activité de transformation, puisque c'est l'accès à la matière première d'une part, et que c'est une activité qui me plaît d'autre part.

Le Nouvelliste: Vous avez été amené à revoir votre projet ?
Jean-Philippe Rouanne : Tout à fait. Mon salarié a décidé de reprendre l'activité en Lot-et-Garonne, à l'identique, et il s'est installé sous un statut agricole.
Pour ma part, je cherchais à me rapprocher des éleveurs de moutons du secteur puisque je venais tondre chez eux. J'ai fini trouver une location ici voilà quelques années.
Mon activité est donc recentrée, la tonte s'effectue dorénavant sur place ce qui me permet aussi d'avoir une matière première de qualité et de payer la laine à la qualité.

Le Nouvelliste : Pourriez-vous nous expliquer les différentes phases de fabrication d'un matelas et temps nécessaire à la confection d'un matelas?
Jean-Philippe Rouanne : Aujourd'hui, en huit heures de travail effectif, je fabrique un matelas. Pour ce qui est de la fabrication, après la tonte, il y a une opération de triage de la laine. La laine est ensuite transportée chez le laveur puis, soit on utilise la laine en vrac en la passant dans une cardeuse, soit on la transforme en nappage. Ensuite, on prépare une toile que l'on étale sur le plan de travail et on dépose sa laine. Si l'on fabrique un futon, il faut du nappage et de la laine en vrac. Si on fait un matelas traditionnel, on met quatre couches de laine en vrac. Ensuite, il faut fermer le matelas, un travail de couture, en commençant par le pourtour. Pour un matelas traditionnel, on effectue les opérations de bourrelage et on termine par le capitonnage.

Le Nouvelliste : Comment écoulez-vous vos produits?
Jean-Philippe Rouanne : La vente des matelas est réalisée sur les marchés, les foires bio, les salons sur le thème de l'écologie mais aussi directement à des particuliers. Il faut savoir que le métier de matelassier a presque disparu. Aujourd'hui nous ne sommes qu'une poignée à fabriquer des matelas, donc nous les vendons un peu dans toute la France et un peu à l'étranger. Néanmoins, ce qui tient l'entreprise, c'est le commerce local. Sur les marchés on peut trouver des matelas en laine traditionnels, des futons, des coussins et autres produits de décoration intérieure.



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